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Alexandre Lanoix : Université de Montréal
La présentation rend compte d’observations menées dans le cadre d’une expérimentation qui a eu lieu au centre de services scolaire Marie-Victorin. Accompagnés et formés par leur conseiller pédagogique en univers social, des enseignants d’histoire de première secondaire ont intégré à leur planification une activité basée sur des extraits du jeu vidéo Assassin’s Creed.
La communication présente un retour réflexif sur l’expérimentation. Nous avons réalisé des entrevues avec cinq des enseignants qui ont expérimenté le jeu en classe pour discuter des retombées du projet sur les apprentissages des élèves, mais également sur les pratiques enseignantes. Nos constats indiquent que l’intégration d’un dispositif comme le jeu vidéo en classe peut être le point de départ d’une remise en question des pratiques, notamment sur la place du numérique en classe et sur l’intégration de tâches fondée sur un processus d’enquête. Par ailleurs, nos données montrent également que de tels changements ne vont pas de soi et que dans certains cas, le jeu vidéo est superposé aux tâches traditionnelles et ne sert qu’à illustrer certains phénomènes ou évènements historiques.
Les recherches en matière d’enseignement de l’histoire abondent et s’intéressent autant aux questions de fondements (incarnées par exemple dans des analyses des objectifs des programmes d’études) qu’aux questions d’application (matérialisées par des expérimentations, en classe, d’activités avec des jeux vidéos, par exemple). Il en ressort une vue parcellaire sur cet ensemble disparate.
En raison entre autres des rapports que l’enseignement de l’histoire entretient avec l’éducation à la citoyenneté depuis longtemps dans plusieurs juridictions, toutes ces questions de recherche entrent en relation avec les enjeux sociaux auxquels tous les humains d’aujourd’hui sont vraisemblablement confrontés à un degré ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre.
Ainsi, maintes opinions ont été débattues quant à la façon dont l’histoire scolaire traite (ou non) ou devrait traiter des identités de genre, des mémoires, du racisme (individuel, structurel ou systémique) envers les afro-descendants ou les membres des Premières Nations, des religions, du sexisme ou de la xénophobie envers les immigrants, pour citer quelques exemples.
Ce colloque vise à rassembler des chercheuses et des chercheurs dont les travaux se recoupent à l’occasion de la publication de trois ouvrages collectifs couvrant tous les secteurs de la recherche la plus récente au Québec en didactique des sciences sociales.
Le premier ouvrage regroupe des récits de pratiques mettant en œuvre des jeux vidéo pour aider les élèves à développer leur pensée critique envers les produits culturels profanes (par opposition à savants) traitant du passé.
Le deuxième s’intéresse aux objets difficiles, thèmes sensibles et enseignement des sciences humaines et sociales.
Le troisième brosse un portrait des recherches menées à propos de l’histoire scolaire au Québec et ailleurs.
Structuré selon des axes dont ces livres sont à l’origine, il prévoit aussi des moments d’échanges combinant des recherches qui ne se recoupent encore que trop partiellement.
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