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Les Incels et la droite radicale canadienne

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Marianne Larose : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Le 23 avril 2018 à Toronto, Alek Minassian a marqué l’histoire du Canada en commettant l’attentat à la voiture-bélier le plus meurtrier que le pays a connu, et ce, dans le nom d’une rébellion des célibataires involontaires (Incels). Cet attentat fut pour plusieurs Canadien.e.s la première fois qu’iels ont été introduit.e.s aux Incels, un mouvement qui fait partie de la manosphère numérique et regroupant majoritairement des hommes qui blâment leurs célibats sur le féminisme moderne. Selon eux, l’indépendance des femmes a fait que celles-ci ne veulent plus de relations (autant sexuelles que romantiques) avec des hommes laids, handicapés, etc. Le mouvement est complètement en ligne et les discussions prennent part sur diverses plateformes, mais en raison de leurs tendances extrémistes et de leur violence les incels sont de plus en plus bannis ou restreints sur ces plateformes (ex : Reddit). De plus, plusieurs chercheur.e.s commence à s’apercevoir que l’adhésion à ce mouvement faciliterait l’adhésion vers d’autres mouvements de la droite extrémiste. Avec la hausse de consommation de contenus extrémistes causée par la pandémie, il est alors nécessaire de regarder ce lien de plus près.

Résumé du colloque

Le Brexit et l’élection de Donald Trump en 2016 ont eu une incidence profonde sur l’étude du populisme. Jusque-là considéré comme la chasse gardée des spécialistes de l’Amérique latine et de quelques spécialistes de l’extrême-droite en Europe de l’Ouest, le phénomène est devenu non seulement mainstream, mais il se développe également une littérature exponentielle sur sa relation avec un ensemble en lien avec d’autres phénomènes globaux, allant du climatosceptisme à la géopolitique, en passant par les mouvements antivaccins et le paramilitarisme d’extrême-droite.

Le présent colloque propose de se saisir de la question du populisme sous deux angles complémentaires parfois abordés dans la littérature. Le premier angle qui nous intéresse est le contexte de remise en question d’un exceptionnalisme canadien qui limiterait les manifestations de populismes. La thèse de l’exceptionnalisme canadien fut notamment mise de l’avant par le politologue Cas Mudde, selon qui les politiques canadiennes sur le multiculturalisme placeraient le pays à l’abri de telles mouvances. Or, du mouvement des camionneurs à aller jusqu’à l’élection de Pierre Poilievre à la tête du Parti conservateur du Canada en passant par la popularité de figures politiques comme Maxime Bernier et Éric Duhaime, il n’est plus possible de nier l’importance de formes de populismes au Canada. Nous explorerons les manifestations de cette mouvance politique à l’échelle fédérale, provinciale et municipale au pays.

Le deuxième angle est celui de la relation entre le populisme et les nationalismes ainsi que leurs transformations au Canada et au Québec. Si la littérature scientifique a souvent abordé la question de la relation du nationalisme au populisme sous un angle théorique, elle a été moins féconde en ce qui a trait à l’étude empirique de ces deux idéologies politiques. Une importante portion de ce colloque sera donc consacrée à l’étude des transformations des populismes et nationalismes au Canada et aux transformations dans la mobilisation des clôtures sociales impliquées par ces changements sociaux.


Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Efe Peker
section icon Date : 8 mai 2023

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