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Anne Robineau : Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques
Nous souhaitons aborder la question des innovations méthodologiques possibles à travers l’utilisation des technologies numériques pour la collecte de données quantitatives et qualitatives de recherche. En prenant l’exemple d’études récentes réalisées en éducation au sein des communautés francophones en situation minoritaire (CFSM), nous souhaitons explorer le potentiel de ces innovations, mais également en décrire les défis et les limites qu’elles représentent. Par exemple, dans plusieurs de nos études (Robineau et al., 2022; Robineau et al., 2022a; St-Onge et al. 2023), nous avons surtout transposé des méthodes traditionnelles (questionnaire en ligne, entretiens et groupes de discussion par visioconférence) dans un contexte numérique. Dans ces cas, il s’agissait alors de recherches « avec » le numérique. L’accès plus facile au terrain, la rapidité de la collecte de données et les coûts moindres engagés dans ces dispositifs de collecte ont constitué un avantage. Cependant, des défis sont apparus quant au recrutement de participants d’expression française via des plateformes mal conçues pour la diversité linguistique au Canada. De plus, concernant les études « sur » le numérique, il existe un potentiel indéniable à l’étude des communautés en ligne, toutefois des questions restent en suspend sur le plan éthique : cette observation se fait-elle à l’insu des participants en milieu scolaire? Cette communication sera donc l’occasion de discuter de ces avantages et ces limites.
Dans la francophonie canadienne, la recherche en éducation est un domaine bien établi mettant souvent en relief les défis de l’enseignement en milieu minoritaire francophone (Cavanagh, Cammarata et Blain, 2016). De plus en plus, cette recherche est réalisée dans un contexte où les technologies numériques peuvent à la fois faire l’objet d’études ou faire partie des outils de collecte de données. Cependant, très peu d’études sont faites en français (Millette, Millerand, Myles et Latzko-Toth, 2020). Avec la pandémie, le numérique est venu bouleverser le monde du travail, entre autres le monde de l’éducation. Jeremy Rifkin a même perçu cette crise comme une occasion pour la société de se réinventer, et l’éducation n’y échappe pas, ayant à son tour dû s’adapter en très peu de temps sans exploiter tout le potentiel du numérique par faute de temps pendant la pandémie (Burquel et Busch, 2020). Par conséquent, nous assistons à l’incursion du numérique dans notre quotidien, mais aussi dans nos relations autant personnelles que professionnelles. Les compétences numériques et médiatiques des élèves et des enseignants viennent bouleverser les modèles d’enseignement traditionnels, mentionnons l’exemple de la classe inversée, qui amène le jeune à s’engager davantage dans son apprentissage autant à la maison qu’en salle de classe dans la résolution de problèmes réels. Ces nouvelles compétences numériques et médiatiques qui sont exigées des sociétés modernes nous amènent à redéfinir l’enseignement (Bjork Gudmundsdottir et Beate Vasbo, 2014). Il est donc urgent de se pencher sur ces changements qui touchent l’enseignement et les jeunes dans nos écoles de langue française.
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