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Les liens sociaux avec la société d'accueil permettent-ils de renforcer les relations interethniques ? Une étude sur les réfugiés syriens au Canada

AC

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Ana Canedo : Université McGill

Résumé de la communication

Cet article utilise les données d'une enquête menée auprès de 1,975 réfugiés syriens au Canada pour examiner le rôle que jouent les liens sociaux des nouveaux arrivants avec la population plus «traditionnelle » dans la formation de relations et de connexions interethniques après le rétablissement. L’analyse de cette relation sans données longitudinales est souvent problématique car il est difficile d'établir la direction de la relation. Pour surmonter cette limite, cette étude tire parti de l'assignation quasi-aléatoire d'un groupe d'individus au programme Blended Visa Office Referral (BVOR) du Canada. Contrairement à ceux du Government-Assisted Refugees (GAR) qui ont reçu une aide uniquement par l'intermédiaire des agences gouvernementales de rétablissement, les réfugiés entrant dans le pays par le programme BVOR ont bénéficié de liens sociaux avec la société d'accueil grâce au soutien de sponsors privés et de groupes communautaires avec lesquels ils n'avaient aucune connexion préexistante. Les résultats préliminaires indiquent qu'après avoir contrôlé pour des connexions préexistantes au Canada, les réfugiés appartenant au programme BVOR étaient plus susceptibles d'avoir plus de relations sociales et de former des réseaux sociaux interethniques que ceux sans de tels liens. Ces résultats ont des implications importantes pour la conception de programmes qui visent à favoriser le capital social et à encourager l'adaptation culturelle.

Résumé du colloque

La notion de participation à la société québécoise correspondrait à « une action de participer, de prendre part au sens de contribuer, de s’engager, de s’associer et de faire un apport à la société en général ou à un de ses sous-groupes » (MIDI 2015:11). Les dimensions de la participation (économique, sociale, culturelle, citoyenne, démographique, linguistique et communautaire) sont souvent interreliées. Par conséquent, l’analyse des processus permettant aux immigrants de se considérer et d’être considérés comme participant à la société d’accueil est particulièrement complexe. Compte tenu des enjeux contemporains liés à la discrimination dont font l’objet de nombreux groupes sociaux, immigrants et ethnoculturels, il est pourtant crucial de mieux saisir ces processus afin de comprendre les besoins des nouveaux venus et de leurs descendants. Ces derniers vivent souvent douloureusement les difficultés auxquelles font face leurs parents ou tuteurs ce qui se répercute sur leur propre devenir et attitude envers la société qui les a accueillis jeunes ou vu naître. Des approches méthodologiques variées sont essentielles si l’on veut mieux comprendre comment les immigrants et leurs familles orientent leurs choix, quelles expériences ils et elles vivent et comment leur participation à la société est associée au bien-être. Ce colloque propose donc de définir et développer des éléments d’analyse de la participation afin de pouvoir la mesurer ainsi que de mieux comprendre les interactions entre les dimensions de la participation et du bien-être des immigrants et de leurs familles. Les présentations concerneront des travaux empiriques ou dans le cadre de dispositifs conçus pour l’accueil et le soutien des immigrants et de leurs communautés respectives dans leur pays d’accueil. Elles peuvent s’inscrire aussi bien dans le contexte canadien que dans d’autres sociétés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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