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Christelle Robert-Mazaye : UQO - Université du Québec en Outaouais
Avec l’adoption de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) en 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies reconnaissait aux enfants le droit d’exprimer librement leur opinion et de prendre part aux décisions qui les concernent dans tous les espaces de la société. Leur concédant plusieurs droits inaliénables, ce texte fondateur met en avant l’idée selon laquelle la parole des enfants est valide et doit être traitée avec sérieux. Dans le champ de la recherche, la prise en compte du point de vue des enfants s’accompagne souvent de l’idée selon laquelle ils sont les premiers détenteurs des connaissances au sujet de ce qu’ils vivent et les experts de leur propre monde. Ce regard sur les enfants invite les chercheur·e·s à faire de la recherche avec les enfants, et non plus sur les enfants (Colliver, 2017; Garnier et Rayna, 2017). Ce renversement de paradigme permet de reconnaitre et respecter l’agentivité des enfants, tout en assurant la construction de savoirs plus « authentiques » (Lavoie et al., 2020 ; Robert-Mazaye et al., 2021). Au-delà de la remise en question des pratiques des chercheur·e·s, faire de la recherche avec les enfants s’accompagne de défis épistémologiques, méthodologiques ou éthiques qu’il ne faut pas négliger. C’est sur ces enjeux que nous nous pencherons lors de cette conférence d’ouverture afin d’ouvrir un espace de réflexion partagée qui guidera les échanges tout au long de la journée.
Afin de soutenir les apprentissages et le développement des jeunes enfants, de nombreux travaux de recherche mettent l’accent sur les pratiques des adultes (éducateur·trice, enseignant·e, etc.) qui œuvrent auprès d’eux en contextes éducatifs. Si cela s’avère pertinent et nécessaire, il ne faut pas occulter la perspective des enfants eux-mêmes, de manière à accéder, parallèlement, à leur compréhension du monde (Lavoie et al., 2020; Sommer et al., 2010, 2013). Les travaux centrés sur l’enfant se déclinent en divers niveaux d’implication de ce dernier dans le processus de la recherche. Ils peuvent considérer l’enfant comme objet de la recherche ou solliciter son point de vue, voire lui permettre d’y participer comme acteur à part entière (Lavoie et al.; 2020, Mazaye-Robert et al., 2021).
Accéder à la perspective des enfants, c’est d’une part mener des travaux qui font d’eux des partenaires de la recherche, mais c’est aussi les observer dans des activités comme le jeu, puisque c’est là que s’expriment leurs champs d’intérêt, leurs compréhensions, leur perspective même. Le jeu de faire semblant, une activité dans laquelle les enfants créent une situation imaginaire et interprètent des rôles qu’ils ont choisi d’investir (Clerc-Georgy et Martin, 2022), a une fonction de révélateur (Truffer, 2020). C’est un lieu particulièrement propice pour accéder à leur propre compréhension du monde et de leurs expériences, à une meilleure connaissance de ce qui les concerne réellement et du sens qu’ils construisent des situations proposées en contextes éducatifs.
Dans le cadre de ce colloque, divers travaux de recherches centrés sur la perspective des enfants au Québec et à l’international sont présentés. Il s’agit de faire dialoguer différentes méthodologies qui visent à accéder à la perspective des enfants : en l’observant dans ses jeux, comme le jeu de faire semblant, en jouant avec lui, en recueillant son point de vue ou encore en le ou la considérant comme cochercheur·se.
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