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Les organisations non-gouvernementales locales et la domesticité infantile en Haïti : perceptions et stratégies d’intervention

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Stéphanie Tourillon-Gingras : Université de Montréal

Résumé de la communication

En Haïti, la domesticité infantile est une pratique selon laquelle un enfant est confié par ses parents à une famille d’accueil, avec l’espoir qu’il puisse accéder à une meilleure qualité de vie, en échange de services domestiques rendus quotidiennement. Pour la communauté internationale, cette pratique correspond à de l’esclavage moderne, ce qui l’inscrit dans une des pires formes du travail des enfants. Toutefois, sur le terrain, des nuances sont émises quant à la nature du phénomène. Les résultats de recherche soulèvent des nuances dans la lutte contre la domesticité infantile en Haïti, où les solutions et interventions proposées, financées et soutenues par les bailleurs de fonds internationaux ne font qu’effleurer en surface les causes de la pratique. Peu d’ONG locales parviennent à obtenir du financement pour réaliser des actions durables qui correspondent aux réalités du terrain. Plusieurs doivent faire des concessions, en adoptant le discours et les stratégies d’intervention financées par les bailleurs de fonds, leur permettant ainsi de financer des activités s’inscrivant davantage dans leur vision de la lutte contre la domesticité.

Résumé du colloque

Les acteurs de la solidarité internationale (SI) sont de plus en plus confrontés à une vision qui perpétue les inégalités où l’on trouve d’une part des apporteurs de l’aide, issus des puissances du Nord, et d’autre part des bénéficiaires de l’aide, issus du Sud, qui expriment une volonté croissante d’autonomie dans la gestion des actions qui concernent leur population. Depuis l’adoption par l’ONU 2015, la SI est appelée à s’arrimer avec les 17 objectifs de développement durable (ODD) visant l’amélioration des conditions de vie dans une perspective de maintien des écosystèmes pour soutenir l’ensemble de la diversité. Les moyens pour y parvenir relèvent de la valorisation des savoirs des peuples du Sud pour leur redonner le pouvoir sur leur développement et ainsi décoloniser les pratiques de la SI pour plus de coopération respectueuse. Ces moyens ont été renouvelés spécifiquement au milieu humanitaire dans le cadre du Sommet 2016 par l’entremise de la promotion officielle de la localisation de l’aide. L’ampleur de la crise sanitaire de COVID a entraîné un repli du Nord mais aussi des acteurs de la SI et a mis en lumière la capacité des organismes locaux d’agir autrement. Cette situation inattendue encourage à soutenir des projets qui favorisent l’autonomisation et pour lesquels la présence des coopérants et d’acteurs de la SI du Nord ne s’effectue plus dans les mêmes conditions qu’avant la crise. Ces pratiques issues des pays bénéficiaires questionnent la place et le rôle des acteurs internationaux, en ouvrant de nouvelles voies d’action possibles en dehors du système traditionnel. Notre colloque se veut un espace qui souscrit à engager un dialogue appelant à la coconstruction des connaissances pour adopter une posture réflexive critique participant ainsi à la diffusion des variétés de visions du monde et de pratiques liées sous l’optique d’un monde socialement juste, qui implique la décolonisation de la SO et le soutien vers plus d’autonomie des acteurs issus du Sud.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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