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Audrey Girard : Université de Montréal
Les pratiques contemplatives comme le yoga, la méditation et la pleine conscience gagnent en popularité mondialement. Traditionnellement, ces pratiques sont utilisées comme outils de transformation de soi enracinées dans un contexte éthique, spirituel et philosophique. Ces pratiques spirituelles originaires de l’Inde sont devenues de plus en plus associées à une forme de thérapie et ancrées dans un discours séculier sur la santé et le bien-être. Ce discours aurait facilité leurs usages dans divers secteurs de la société y compris les entreprises ou elles seraient utilisées à la fois pour favoriser le bien-être des employés et pour améliorer leur performance.
Mon projet de thèse porte sur les pratiques contemplatives en milieu de travail dans le but de comprendre comment et pourquoi les entreprises ont recours à ces pratiques, de saisir les expériences des travailleurs et des gestionnaires vis-à-vis ces pratiques et le sens attribué à ces dernières. Ma question de recherche est : comment les pratiques contemplatives sont-elles mobilisées et reçues sur le lieu de travail, tant du point de vue des travailleurs que des organisations ?
La démarche d’enquête privilégiée pour cette étude est l’étude à cas multiples dans au moins trois entreprises. Ceci permettra de saisir les différences et les points communs concernant la mise en œuvre des pratiques contemplatives, les objectifs poursuivis par le recours à ces pratiques et les sens possibles attribués à ces dernières.
Le monde est actuellement vivement préoccupé par la pérennité de la vie humaine sur la Terre et par la protection de l’environnement. En 2015, dans son Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’Organisation des Nations Unies a défini 17 objectifs qui concernent autant la justice sociale que l’éducation, la protection de l’environnement, la transparence des institutions et la croissance économique.
Le troisième objectif des Nations Unies concerne la bonne santé et le bien-être de l’ensemble des êtres humains. Le seizième objectif concerne la paix, la justice et les institutions efficaces. Plusieurs traditions philosophiques et spirituelles ont proposé depuis un siècle des méthodes pour favoriser l’épanouissement des personnes, à partir de savoirs ancestraux, le développement des individus et le fonctionnement harmonieux des sociétés.
Les bienfaits du yoga, de la méditation et de la pleine conscience sur la santé ont été démontrés (Baer et al., 2012; Taneja, 2014), ainsi que sur la qualité des relations interpersonnelles (Brown et Ryan, 2003). Ces pratiques liées à un certain art de vivre joueraient un rôle effectif dans l’harmonie sociale (Aïvanhov, 1982; Lubich, 2003) et induiraient par la création artistique une revitalisation de la relation au vivant.
La pandémie a favorisé la propagation de ressources en ligne, notamment au Japon, en Inde et au Canada (McLauglin, 2020). Plusieurs voies de l’hindouisme, issues du mysticisme, favorisent des pratiques dévotionnelles et méditatives qui s’inscrivent dans des communautés de foi (Dimitrova, 2014).
Quels sont les savoirs à l’origine des pratiques contemplatives actuelles en Asie et au Canada? De quelle façon ces savoirs et pratiques contemplatives sont-ils mobilisés et perçus par les pratiquants et les institutions? Ont-ils une influence mesurable sur la pérennité du monde? Quel rôle jouent les savoirs asiatiques et les pratiques contemplatives dans le maintien d’un monde durable?