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Caroline Jolly : IRSST - Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail
Au Québec, la moitié des entreprises sont considérées comme des microentreprises. Parmi elles, on retrouve celles du secteur agricole. La littérature scientifique souligne que les personnes travaillant dans les microentreprises sont particulièrement exposées à différents dangers, par exemple les pesticides, entraînant de nombreux effets à la santé. Les agriculteurs et agricultrices sont souvent les seuls acteurs pour la gestion de leur entreprise, dont la gestion de la santé et sécurité du travail. Ils sont des « personne(s)-orchestre » dirigeant leur entreprise tout en l’accompagnant dans son développement. Les agriculteurs et agricultrices travaillent selon le contexte particulier de leur entreprise et sont soumis aux forces de leur environnement externe.
Une recherche-intervention a permis de décrire les déterminants éloignés de ces environnements entourant les pomiculteurs québécois. L’étude a été menée entre 2018 et 2019 auprès de 9 pomiculteurs auprès desquels différentes collectes de données individuelles (p. ex : observations et entretiens) et collectives (p. ex : atelier d’échange) ont été effectuées.
Cette présentation souligne les liens entre l’exposition des pomiculteurs aux pesticides lors de leur activité de travail et les déterminants éloignés provenant de l’environnement externe de leurs exploitations. Elle vise également à questionner des pistes de solution pour agir sur ces déterminants et tendre vers une réduction à la source de l’exposition aux pesticides.
Plusieurs recherches ont mis en lumière le fait que les différents environnements (politique, économique, physique, chimique, professionnel, social, personnel et familial) dans lesquels vivent et se développent les personnes ont une influence importante sur leur santé et leur bien-être. Or, ces environnements sont marqués par des rapports sociaux (genre, racisation, âge, capacitisme, classe sociale, etc.) qui contribuent à la présence d’inégalités sociales de santé entre différents groupes de la population. Plusieurs travaux de chercheur·se·s en santé au travail (ST) et en santé environnementale (SE) préconisant des approches de recherches-intervention partenariales du Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement (CINBIOSE) montrent la nécessité de considérer les inégalités sociales et de genre afin d’obtenir des retombées escomptées en ce qui concerne la santé durable. Cette prise en compte est toutefois complexe et pose de nombreux défis à plusieurs niveaux, notamment sur le plan de l’opérationnalisation et de la mobilisation des connaissances.
Le colloque proposé s’inscrit dans la continuité de réflexions entamées par des chercheur·se·s du CINBIOSE sur la prise en compte, tout au long du processus de recherche, des inégalités sociales et de genre et leur intersectionnalité. Ouvert à toutes les personnes interpellées par la thématique du colloque, chercheur·se·s, praticien·ne·s, étudiant·e·s, employeurs, syndicats, OBNL, ce colloque est l’occasion d’entendre les résultats des plus récentes recherches et interventions en ST/SE s’intéressant à la santé de différentes populations en situation de vulnérabilité et de faire dialoguer, dans une perspective interdisciplinaire et intersectorielle, différentes approches théoriques et différents cadres méthodologiques susceptibles de contribuer à l’amélioration des environnements afin qu’ils soient plus équitables et sains.
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