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Geneviève Cloutier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Ancrée dans les courants féministes, cette recherche se concentre sur les liens entre les violences et la santé et sécurité des travailleuses des métiers spécialisés en s’intéressant aux rapports de genre.
Par l’échantillonnage par choix raisonné, deux groupes de discussion et quatorze entrevues individuelles ont été conduits auprès de vingt-cinq femmes œuvrant dans l’industrie de la construction.
Les résultats s'intéressent aux causes des violences, surtout une culture de valorisation de la brutalité, des conditions de travail dangereuses, de la vengeance à la suite d’un refus d’avances sexuelles ainsi que le rôle aggravant du collectif de travail. La nécessité de travailler deux fois plus fort, l'acceptation de la prise de risque, la forte pression à ne pas se blesser et l’incapacité pour certaines à changer de milieu professionnel sont les principales raisons de la dégradation de la santé psychologique des femmes. Les manifestations des violences sexistes et sexuelles occasionnent même des maux sur la santé physique des femmes, soit des accidents de travail occasionnés par le stress et par les atteintes sur la santé mentale, des comportements imprudents des pairs qui blessent les travailleuses et des violences de nature physique camouflées par des accidents de travail.
De longues pratiques de violences sexistes et sexuelles persistent dans les métiers spécialisés et jouent un rôle néfaste sur la santé physique et mentale des travailleuses.
Plusieurs recherches ont mis en lumière le fait que les différents environnements (politique, économique, physique, chimique, professionnel, social, personnel et familial) dans lesquels vivent et se développent les personnes ont une influence importante sur leur santé et leur bien-être. Or, ces environnements sont marqués par des rapports sociaux (genre, racisation, âge, capacitisme, classe sociale, etc.) qui contribuent à la présence d’inégalités sociales de santé entre différents groupes de la population. Plusieurs travaux de chercheur·se·s en santé au travail (ST) et en santé environnementale (SE) préconisant des approches de recherches-intervention partenariales du Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement (CINBIOSE) montrent la nécessité de considérer les inégalités sociales et de genre afin d’obtenir des retombées escomptées en ce qui concerne la santé durable. Cette prise en compte est toutefois complexe et pose de nombreux défis à plusieurs niveaux, notamment sur le plan de l’opérationnalisation et de la mobilisation des connaissances.
Le colloque proposé s’inscrit dans la continuité de réflexions entamées par des chercheur·se·s du CINBIOSE sur la prise en compte, tout au long du processus de recherche, des inégalités sociales et de genre et leur intersectionnalité. Ouvert à toutes les personnes interpellées par la thématique du colloque, chercheur·se·s, praticien·ne·s, étudiant·e·s, employeurs, syndicats, OBNL, ce colloque est l’occasion d’entendre les résultats des plus récentes recherches et interventions en ST/SE s’intéressant à la santé de différentes populations en situation de vulnérabilité et de faire dialoguer, dans une perspective interdisciplinaire et intersectorielle, différentes approches théoriques et différents cadres méthodologiques susceptibles de contribuer à l’amélioration des environnements afin qu’ils soient plus équitables et sains.
Titre du colloque :