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L’intégration ou non du genre dans les pratiques d’enseignantes et enseignants de la formation professionnelle au Québec

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Paula Brayner Souto Maior Lima : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les impacts des rôles sociaux dictés par un ordre social patriarcal qui place les femmes dans une situation d'oppression se font sentir partout, y compris dans les espaces éducatifs. Cependant, malgré les constats réalisés et les recommandations qui ressortent des recherches, l'égalité de genre n'est pas une réalité mondiale, ni une réalité au Québec. La division sexuelle du travail et de l’orientation est d’ailleurs très prononcée dans le domaine de la formation professionnelle : les femmes choisissent un programme dans les secteurs de la santé, des soins esthétiques, alors que les hommes s'orientent vers les secteurs du bâtiments et travaux publics et d'entretien d'équipement motorisé. Ce phénomène est également constaté chez les enseignant-es. Or, malgré l’impact des rapports de genre liés aux pratiques d’enseignant-es en formation professionnelle sur l'éducation et sur la condition socioéconomique des femmes de la société québécoise, ces rapports semblent peu étudiés. C’est pourquoi nous souhaitons explorer l’intégration du genre dans les pratiques des personnes qui enseignent en formation professionnelle au Québec, à partir de récits de pratiques. Cette recherche pourra faire avancer les connaissances sur le genre en formation professionnelle afin de minimiser la reproduction des inégalités dans ce milieu, de même que de contribuer aux apprentissages des personnes enseignantes en matière de genre, pour les outiller dans la lutte contre les injustices faites aux femmes.

Résumé du colloque

Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.

« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.

Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.

Nous vous proposons quatre thématiques :

  1. Genre et didactiques;
  2. Intersectionnalité en éducation;
  3. Conversation critique entre l’école et l’éducation à la citoyenneté numérique autour des principes de justice sociale, d’égalité de genre et d’émancipation;
  4. Mise en œuvre des politiques éducatives en faveur de l’égalité des sexes et des sexualités.

Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Marie-Hélène Brunet
section icon Date : 8 mai 2023

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