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Edith Allard : Université Laval
Afin de mieux comprendre les effets de l’accompagnement de l’enseignant.e sur le développement de la pensée de l’enfant en contexte de jeu de construction à la maternelle 4 ans, nous avons réalisé une collecte de données au printemps 2022 auprès de 27 enfants répartis dans 15 classes de maternelle 4 ans au Québec. La méthode de collecte de données consistait en l’observation de manifestations observables du développement de la pensée des enfants, à partir de captations vidéos réalisées avant et après une intervention sur le jeu de construction guidé. Au cours de cette présentation, trois considérations liées à l’observation de la pensée des enfants à partir de captations vidéos seront abordées. D’abord, nous nous questionnerons sur ce qui amène le chercheur à choisir l’observation comme méthode de collecte de données dans un projet de recherche. Ensuite, nous discuterons des raisons pour lesquelles il peut s’avérer intéressant, voire nécessaire, d’avoir recours aux captations vidéos pour l’effectuer. Finalement, nous présenterons les principaux défis vécus en lien avec l’observation et l’utilisation de captations vidéos dans ce projet. Il est souhaité que cette présentation de nature méthodologique suscite des réflexions permettant aux chercheur.e.s de bien se préparer à l’utilisation de cette méthode de collecte de données et, par le fait même, de limiter la présence de certaines difficultés pouvant y être associées afin d’optimiser l’analyse des données recueillies.
Afin de soutenir les apprentissages et le développement des jeunes enfants, de nombreux travaux de recherche mettent l’accent sur les pratiques des adultes (éducateur·trice, enseignant·e, etc.) qui œuvrent auprès d’eux en contextes éducatifs. Si cela s’avère pertinent et nécessaire, il ne faut pas occulter la perspective des enfants eux-mêmes, de manière à accéder, parallèlement, à leur compréhension du monde (Lavoie et al., 2020; Sommer et al., 2010, 2013). Les travaux centrés sur l’enfant se déclinent en divers niveaux d’implication de ce dernier dans le processus de la recherche. Ils peuvent considérer l’enfant comme objet de la recherche ou solliciter son point de vue, voire lui permettre d’y participer comme acteur à part entière (Lavoie et al.; 2020, Mazaye-Robert et al., 2021).
Accéder à la perspective des enfants, c’est d’une part mener des travaux qui font d’eux des partenaires de la recherche, mais c’est aussi les observer dans des activités comme le jeu, puisque c’est là que s’expriment leurs champs d’intérêt, leurs compréhensions, leur perspective même. Le jeu de faire semblant, une activité dans laquelle les enfants créent une situation imaginaire et interprètent des rôles qu’ils ont choisi d’investir (Clerc-Georgy et Martin, 2022), a une fonction de révélateur (Truffer, 2020). C’est un lieu particulièrement propice pour accéder à leur propre compréhension du monde et de leurs expériences, à une meilleure connaissance de ce qui les concerne réellement et du sens qu’ils construisent des situations proposées en contextes éducatifs.
Dans le cadre de ce colloque, divers travaux de recherches centrés sur la perspective des enfants au Québec et à l’international sont présentés. Il s’agit de faire dialoguer différentes méthodologies qui visent à accéder à la perspective des enfants : en l’observant dans ses jeux, comme le jeu de faire semblant, en jouant avec lui, en recueillant son point de vue ou encore en le ou la considérant comme cochercheur·se.
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