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Microagressions raciales et linguistiques vécues par des étudiantes et étudiants internationaux chinois dans les universités avant et pendant la COVID-19 au Québec

YL

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Yifan Liu : University of Toronto

Résumé de la communication

Cette étude qualitative documente les expériences vécues à l’université dans des universités francophones à Montréal par des étudiantes et étudiants internationaux chinois. Les entretiens semi-dirigés en profondeur ont été conduits avec 14 participantes et participants internationaux chinois suivant des programmes dans des universités francophones à Montréal. Les résultats révèlent que ces étudiantes et étudiants doivent non seulement vivre du racisme exacerbé par la pandémie dans l’espace urbain et, plus spécifiquement, dans les universités, mais aussi faire face à une frontière vis-à-vis du groupe majoritaire québécois francophone; une frontière s’articulant autour d’une « face externe » construite à partir de marqueurs linguistiques et raciaux (Guillaumin, 2016; Juteau, 2015). L’analyse des données met également en exergue une tendance, pour ces étudiantes et étudiants, à minimiser leurs expériences de racisme ordinaire et de microagressions (Potvin, 2017). Nous concluons en indiquant que le personnel et les étudiantes et étudiants francophones québécois, du groupe racialement majoritaire (c.-à-d. Blanc), dans les universités demandent à être davantage conscientisés et formés à l’existence du racisme ordinaire et des microagressions.

Résumé du colloque

À l’échelle locale comme internationale, plusieurs encadrements législatifs protègent le droit à l’égalité et interdisent les discriminations raciales dans les institutions éducatives (Dhume, 2021). Malgré ces balises, les expériences des personnes de groupes racisés étudiant (élèves) (Collins, 2022), travaillant (personnel scolaire) (Adam, 2021; Larochelle-Audet, 2019) ou gravitant autour des écoles (familles, communautés) (Zayani, 2021) attestent l’actualité du racisme en milieu scolaire. Considérant que ce concept continue d’être souvent tenu pour illégitime dans les sciences sociales et humaines de tradition francophone (Garneau et Giraudo-Baujeu, 2018), ce colloque invite les chercheuses et chercheurs à présenter des résultats de leurs travaux permettant de documenter les configurations actuelles du racisme ainsi que les réactions et réponses des personnes y étant confrontées au quotidien. La mise en commun d’observations empiriques de niveaux d’analyse intermédiaires, croisant « macro/structure » et « micro/agentivité », contribue à saisir les formes toujours renouvelées de la domination qui empêchent des groupes de personnes de participer à la définition des institutions au sein desquelles elles posent leurs actions (Hamrouni, 2012). Elle permet également d’appréhender la pluralité et la complexité des matrices de résistance que les personnes confrontées aux structures de domination y opposent (Collins, 2016). Pour sortir d’une épistémologie de l’ignorance, aveugle aux rapports sociaux et de domination (Strega et Brown, 2015), les chercheuses et chercheurs seront invités à rendre explicite la perspective à partir de laquelle le savoir présenté a été produit (Benhadjoudja, 2015). Cette reconnaissance est essentielle à la construction d’un savoir collectif pouvant contribuer à davantage de justice raciale dans les institutions éducatives (Collins, 2009).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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