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Serge Granger : Université de Sherbrooke
Dès son arrivée au pouvoir, Narendra Modi s’est efforcé de promouvoir la culture indienne en renouvelant l’Hindutva au sein du discours environnementaliste. Glorifier le passé antique de l’Inde, son mode de vie et ses racines ancestrales visait à promouvoir non seulement son parti politique hautement nationaliste mais aussi lier la lutte aux changements climatiques aux pratiques hindous. Contrairement au mode de vie occidental et d’ailleurs, le végétarisme et le yoga furent présentés comme des modèles alternatifs, moins gourmands d’empreinte carbone.
Paradoxalement, l’Inde ne peut espérer réduire ses gaz à effet de serre et tout indique qu’elle n’atteindra pas la carboneutralité avant 2070. Devant cette réalité, le recours à l’iconographie hindoue pour la lutte aux changements climatiques vise quatre objectifs : 1) mobiliser l’électorat nationaliste 2) valoriser la culture hindoue 3) disculper l’Inde pour une carboneutralité si tardive 4) maintenir une consommation énergétique personnelle relativement basse
Une analyse des associations entre l’hindouité (Hindutva) et changements climatiques entre 2014 à 2022 servira à démontrer l’ampleur de la nationalisation du discours environnemental sous Modi. De plus, une classification des objectifs du discours environnemental hindouisé nous permettra d’évaluer l’intention derrière ce recours à l’Hindutva.
Le monde est actuellement vivement préoccupé par la pérennité de la vie humaine sur la Terre et par la protection de l’environnement. En 2015, dans son Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’Organisation des Nations Unies a défini 17 objectifs qui concernent autant la justice sociale que l’éducation, la protection de l’environnement, la transparence des institutions et la croissance économique.
Le troisième objectif des Nations Unies concerne la bonne santé et le bien-être de l’ensemble des êtres humains. Le seizième objectif concerne la paix, la justice et les institutions efficaces. Plusieurs traditions philosophiques et spirituelles ont proposé depuis un siècle des méthodes pour favoriser l’épanouissement des personnes, à partir de savoirs ancestraux, le développement des individus et le fonctionnement harmonieux des sociétés.
Les bienfaits du yoga, de la méditation et de la pleine conscience sur la santé ont été démontrés (Baer et al., 2012; Taneja, 2014), ainsi que sur la qualité des relations interpersonnelles (Brown et Ryan, 2003). Ces pratiques liées à un certain art de vivre joueraient un rôle effectif dans l’harmonie sociale (Aïvanhov, 1982; Lubich, 2003) et induiraient par la création artistique une revitalisation de la relation au vivant.
La pandémie a favorisé la propagation de ressources en ligne, notamment au Japon, en Inde et au Canada (McLauglin, 2020). Plusieurs voies de l’hindouisme, issues du mysticisme, favorisent des pratiques dévotionnelles et méditatives qui s’inscrivent dans des communautés de foi (Dimitrova, 2014).
Quels sont les savoirs à l’origine des pratiques contemplatives actuelles en Asie et au Canada? De quelle façon ces savoirs et pratiques contemplatives sont-ils mobilisés et perçus par les pratiquants et les institutions? Ont-ils une influence mesurable sur la pérennité du monde? Quel rôle jouent les savoirs asiatiques et les pratiques contemplatives dans le maintien d’un monde durable?
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