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Nationalisme majoritaire et unionisme

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Jérémy Elmerich : Université polytechnique Hauts-de-France

Résumé de la communication

L’étude du nationalisme a connu de nombreux et importants efforts de typologisation, de la dichotomie civique/ethnique chez Ernest Renan ou Hans Kohn, en passant par le rapport centre/périphérie (Lipset & Rokkan ; Seiler), jusqu’à Rogers Brubaker et sa typologie fondée sur les clôtures sociales. L’une des formes empruntées par le nationalisme tient à l’unionisme, qui participe d’une dichotomie avec l’indépendantisme. Analysé bien souvent sous le versant d’un nationalisme majoritaire (Gagnon, Lecours et Nootens), l’analyse de l’unionisme n’a guère été confronté à l’exercice de la comparaison (Rousvoal). Par conséquent, cette catégorie analytique ne jouit que d’un raffinement limité, lié à une approche confinée à l’exercice de l’étude de cas, en particulier du cas nord-irlandais (McAuley ; Boyce & O’Day) ou écossais (Kidd ; Morton).

À travers cette contribution, nous proposons d’établir une comparaison des unionismes en présence à l’occasion des référendums d’autodétermination québécois (1980 et 1995) et écossais (2014). Ce faisant, nous mettons en évidence les motifs qui sous-tendent les arguments favorables au maintien de l’unité du Canada et du Royaume-Uni, ainsi que le rôle que jouent les institutions, l’histoire et la mémoire dans la détermination des clôtures sociales propres à ces États, de même qu’aux architectures identitaires qui les sous-tendent.

Résumé du colloque

Le Brexit et l’élection de Donald Trump en 2016 ont eu une incidence profonde sur l’étude du populisme. Jusque-là considéré comme la chasse gardée des spécialistes de l’Amérique latine et de quelques spécialistes de l’extrême-droite en Europe de l’Ouest, le phénomène est devenu non seulement mainstream, mais il se développe également une littérature exponentielle sur sa relation avec un ensemble en lien avec d’autres phénomènes globaux, allant du climatosceptisme à la géopolitique, en passant par les mouvements antivaccins et le paramilitarisme d’extrême-droite.

Le présent colloque propose de se saisir de la question du populisme sous deux angles complémentaires parfois abordés dans la littérature. Le premier angle qui nous intéresse est le contexte de remise en question d’un exceptionnalisme canadien qui limiterait les manifestations de populismes. La thèse de l’exceptionnalisme canadien fut notamment mise de l’avant par le politologue Cas Mudde, selon qui les politiques canadiennes sur le multiculturalisme placeraient le pays à l’abri de telles mouvances. Or, du mouvement des camionneurs à aller jusqu’à l’élection de Pierre Poilievre à la tête du Parti conservateur du Canada en passant par la popularité de figures politiques comme Maxime Bernier et Éric Duhaime, il n’est plus possible de nier l’importance de formes de populismes au Canada. Nous explorerons les manifestations de cette mouvance politique à l’échelle fédérale, provinciale et municipale au pays.

Le deuxième angle est celui de la relation entre le populisme et les nationalismes ainsi que leurs transformations au Canada et au Québec. Si la littérature scientifique a souvent abordé la question de la relation du nationalisme au populisme sous un angle théorique, elle a été moins féconde en ce qui a trait à l’étude empirique de ces deux idéologies politiques. Une importante portion de ce colloque sera donc consacrée à l’étude des transformations des populismes et nationalismes au Canada et aux transformations dans la mobilisation des clôtures sociales impliquées par ces changements sociaux.


Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Emily Laxer
section icon Date : 8 mai 2023

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