pen icon Colloque
quote

Nouvelles pratiques managériales et bien-être au travail

MB

Membre a labase

Montaha Ben Kacem : Tunisie

Résumé de la communication

Cette communication présente les résultats d’une étude sur la nature de relation entre la précarité et la santé au travail. Elle porte, plus particulièrement, sur les répercussions des nouvelles pratiques managériales (Gaulejac, 2005) sur la santé et la stabilité au travail dans le secteur des centres d’appels. Quand le donneur d’ordre en France ou en Italie impose ses propres lois, le prestataire de service local commence à mettre la pression et augmente la cadence de travail de ses employés sans se soucier des droits salariaux ou des normes de sécurité. Dans une telle organisation hybride de travail, l’emploi n’est pas un choix librement consenti, il est vécu et subi comme une contrainte. Les résultats de cette étude qualitative sont basés sur une approche compréhensive, réalisée dans quatre centres d’appels. Nous avons validé et enrichis les résultats de cette première phase d’enquête par une démarche longitudinale, où nous avons suivi 19 parcours professionnels durant deux ans. Cette étude a révélé l’importance de la temporalité pour comprendre la santé au travail et son lien avec la stabilité professionnelle. En effet, les téléopérateurs qui souffrent de TMS ou de fatigue auditive se trouvent, après des années de travail, en position professionnelle précaire puisqu'ils ne sont plus rentables pour leur entreprise. Ces derniers considèrent leur inaptitude professionnelle comme une forme d’inégalité sociale et un manque de reconnaissance au travail.

Résumé du colloque

Au Québec comme ailleurs, l’état de la santé psychologique des individus est préoccupant. Ce portrait s’est d’autant plus aggravé avec la pandémie de COVID-19 (Généreux et al., 2021), suscitant une prise de conscience collective quant aux enjeux de santé mentale. Ceux-ci peuvent nuire aux parcours d’apprentissage et entraver les possibilités d’accès à des emplois, formations ou projets de vie (Michaud et al., 2012; Supeno et Bourdon, 2017). Aussi, certains groupes de personnes, en raison de leurs caractéristiques et conditions de vie (p. ex., genre, statut socioéconomique, handicap, origine ethnique, accès aux services), se trouvent désavantagés, vulnérabilisés, notamment en matière de santé mentale (Alegria et al., 2018; Giguère et Hanfield, 2021). Ce désavantage se traduit par des phénomènes de marginalisation et de stigmatisation menaçant leur pleine participation à la société (Gaborean et al., 2018).

Plusieurs travaux soutiennent l’importance de s’intéresser aux liens entre les sources structurelles d’inégalités sociales et la santé mentale (Corbeil et Marchand, 2006). À cet égard, la recherche qualitative peut jouer un rôle significatif en permettant d’appréhender la complexité de l’interaction entre les inégalités sociales et les difficultés de santé mentale (Davidson et al., 2008; Joseph et al., 2009). Riche de sa diversité théorique et méthodologique, la recherche qualitative contribue à décrire, à comprendre et à théoriser, sous différents angles, des processus et des phénomènes complexes entourant la santé mentale, les inégalités et la justice sociale (Gewurtz et al., 2016). Les connaissances issues de ces recherches s’avèrent pertinentes, en permettant d’appréhender des phénomènes invisibles, de déconstruire des préjugés et d’aborder avec délicatesse des sujets tabous qui entourent la santé mentale et qui ont répercussions considérables pour les individus, leur entourage et la société.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :