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Simone Abou Halloun : Université de Montréal
L’apprentissage des sciences exige un effort intellectuel particulier. En plus de faire appel à un langage symbolique et mathématique, les sciences nécessitent une profonde modification dans les façons d'envisager le monde, ce qui constitue des ruptures épistémologiques. Ces ruptures doivent s’opérer chez les enseignants aussi bien que chez les élèves. C’est le cas, par exemple, des concepts de chute libre, de quantité de matière (mole) et de système digestif pour lesquels enseignants et élèves ont de nombreuses conceptions non scientifiques, qui sont d’ailleurs souvent les mêmes que certains concepts proposés par les philosophes et scientifiques d’autrefois. Des recherches de développement (exemple : Design Based Research) peuvent permettre de vérifier s’il est possible de corriger ces conceptions. Cette communication montrera qu’il faut nuancer l’idée de «corriger les conceptions».
À l’heure où les pratiques basées sur la recherche guident les réflexions et les décisions de presque tous les secteurs d’activité de la société, les intervenants du monde de l’éducation souhaitent s’assurer que ce qu’ils proposent aux élèves atteint la cible ultime : la construction de savoirs et le développement de compétences (Robert et Butlen, 2012; Thouin, 2020). La recherche en sciences de l’éducation, et plus spécifiquement en didactique, est particulièrement florissante depuis les dernières décennies : discipline au cœur des pratiques de classe, elle permet la production de nouveaux savoirs liés à des contenus disciplinaires, le renouvellement des pratiques de classe et la transformation des connaissances par les élèves grâce à la transposition didactique. Ces résultats ont tout avantage à être transférés et intégrés dans les pratiques de classe. Parallèlement, des publications nouvelles dans le domaine de la didactique sont rendues plus accessibles que jamais. Si ce renouveau caractérisant la recherche et la pratique est signe que la didactique se porte bien, la vitesse à laquelle les résultats de recherche sont diffusés rend leur appropriation difficile par les intervenants du milieu scolaire et les chercheurs. De plus, la multiplication de contenus à visée didactique publiés sur Internet, notamment dans les réseaux sociaux, peut nuire aux intervenants scolaires à cause de trop nombreux choix dont les assises sont fort différentes, et parfois en contradiction. Le colloque que nous proposons permet aux praticiens et aux chercheurs de se poser un moment pour faire ressortir les propositions pertinentes et susceptibles d’accompagner les enseignants et les élèves vers la réussite. Quatre thèmes porteurs ont été choisis pour guider cette réflexion. Il s’agit : a) de la transformation des représentations des élèves; b) de la transposition didactique; c) de la littératie et de la multimodalité; et d) de l’interdisciplinarité. Ces thèmes permettront aux participants d’envisager la didactique selon une vision décloisonnée pertinente pour l’enseignement et l’apprentissage de diverses matières scolaires. Cette ouverture et ce métissage des concepts didactiques sont susceptibles de faire émerger des courants nouveaux et une vision plus actuelle de la recherche en didactique qui pourra notamment tenir compte du concept de compétence, concept qui doit généralement être traité dans une perspective plurielle. Grâce à ce temps d’arrêt collectif, les orientations futures à considérer sur les plans de la recherche et des pratiques de classe pourront être tracées afin de nourrir les recherches à venir et de contribuer significativement au renouvellement des pratiques de classe. Au-delà de l’impact positif sur la recherche et la pratique professionnelle, ce colloque participe ainsi à la conception et à la création de solutions aux défis que doit surmonter le milieu éducatif relativement à la réussite scolaire.
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