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Progression de l’acouphène : mesure de la susceptibilité au bruit et au stress à travers des biomarqueurs physiologiques

BV

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Bérangère Villatte : Université de Montréal

Résumé de la communication

Introduction: Le stress est un facteur de risque pour la chronicisation de l’acouphène. La plasticité du système nerveux autonome (SNA) pourrait être impliquée. Or, la progression est très peu étudiée et aucune mesure objective n’existe pour la documenter. L’objectif de cette étude est de tester, sur des sujets sains, la capacité d’un protocole d’induction de stress à extraire des biomarqueurs physiologiques (variabilité de la fréquence cardiaque, VFC) en fonction de certains facteurs psychologiques (stress, anxiété) pour l’appliquer ensuite sur une population avec acouphène.

Méthodes : Trois tâches de stress (calcul, bruit et douleur) durant 3 à 5 minutes, ont été testées sur 30 participants sains. Des paramètres VFC ont été extraits par ECG. Des questionnaires de stress, sensibilité au bruit, anxiété et dépression et des seuils d’inconfort ont également été mesurés.

Résultats : Pour chaque tâche, un modèle de régression polynomial a été établi, permettant d’expliquer jusqu’à 26% de la variance de la VFC, en fonctions des différents prédicteurs (temps, sexe, VFC au repos, questionnaires).

Conclusion : Cette étude permet de modéliser la VFC en situation de stress, en fonction de différents prédicteurs psychologiques, le sexe et la progression dans la tâche. Ce protocole d’induction de stress sera testé ensuite sur une population avec acouphène afin d’évaluer la robustesse de ces biomarqueurs à refléter la phase de transition de l’acouphène (aigu et chronique).

Résumé du colloque

La perte auditive se classe parmi les cinq principales causes d’années vécues avec un handicap. Au Canada, environ 35 % de la population adulte vit avec une perte auditive mesurable, et cette perte peut être concomitante à d’autres troubles auditifs comme des acouphènes dérangeants et de l’hypersensibilité auditive. Malgré qu’elle soit invisible et largement sous-estimée par les personnes atteintes, la perte auditive entraîne des coûts importants, tant au niveau personnel, financier, que sociétal : fatigue, perte de productivité, isolement social et stigmatisation en sont des exemples. Trois stratégies importantes pour la prévention et la prise en charge de la perte auditive sont la promotion et la prévention de la perte auditive ainsi que le développement d’outils de réadaptation. Les nouvelles technologies font désormais partie intégrante du quotidien de la population et peuvent s’avérer de précieux alliés pour soutenir la santé auditive. Par exemple, les téléphones intelligents offrent des applications qui mesurent le niveau de bruit des écouteurs et peuvent contribuer à sensibiliser les jeunes à une surexposition aux sons forts, et ainsi les inciter à changer leurs comportements à risque. De même, les nouvelles technologies intra-auriculaires avancées sont capables de capter à l’intérieur de l’oreille divers signaux générés par le corps humain. Ces signaux peuvent aller des battements cardiaques à la respiration en passant par la parole et la déglutition. Cela aura une incidence importante sur la façon dont nous calculons la dosimétrie intra-auriculaire et le suivi personnalisé de la santé. Dans ce colloque, nous présenterons des études interdisciplinaires alliant le génie et l’audiologie qui utilisent des approches technologiques innovantes au service de la santé auditive, et de la santé en général.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Sylvie Hébert
section icon Date : 8 mai 2023

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