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Christelle Robert-Mazaye : UQO - Université du Québec en Outaouais
Pour assurer leur développement et leur bien-être, les enfants s’appuient sur certaines personnes de leur entourage qui constituent leur réseau interpersonnel - RI - (Antonucci et al., 2004 ; Levitt, 2005). La recherche indique que le RI regroupe des partenaires divers (issus de la famille, de l’école et du voisinage) et assure trois fonctions : le soutien, la socialisation et les soins (Boosman et al., 2002 ; Furman et Buhrmester, 1992). S’il prend forme dans leur quotidien, le RI traduit une appropriation par les enfants de leur univers social, laquelle s’organise autour de logiques subjectives variées (Robert, 2010). De cette manière, le RI constitue une voie d’accès privilégiée à l’agentivité des enfants, témoignant d’un travail de construction et d’élaboration reflétant leur activité comme sujets (Robert et Beaumatin, 2010). Pourtant, peu d’études se sont intéressées à cette question sans utiliser les adultes comme sources d’information, considérant le point de vue des enfants peu fiable et versatile. À l’aide d’un dispositif mêlant entretiens semi-directifs et scénettes, nous avons mené une recherche avec 32 enfants (19 filles, 13 garçons) de maternelle en France (âge M = 53,38 mois). En adoptant une méthodologie adaptée aux intérêts et compétences des jeunes enfants, nous avons pu comprendre sur quoi iels s’appuient pour identifier les partenaires de leur RI, mettant en avant des logiques différentes de celles que les adultes avaient tendance à repérer.
Afin de soutenir les apprentissages et le développement des jeunes enfants, de nombreux travaux de recherche mettent l’accent sur les pratiques des adultes (éducateur·trice, enseignant·e, etc.) qui œuvrent auprès d’eux en contextes éducatifs. Si cela s’avère pertinent et nécessaire, il ne faut pas occulter la perspective des enfants eux-mêmes, de manière à accéder, parallèlement, à leur compréhension du monde (Lavoie et al., 2020; Sommer et al., 2010, 2013). Les travaux centrés sur l’enfant se déclinent en divers niveaux d’implication de ce dernier dans le processus de la recherche. Ils peuvent considérer l’enfant comme objet de la recherche ou solliciter son point de vue, voire lui permettre d’y participer comme acteur à part entière (Lavoie et al.; 2020, Mazaye-Robert et al., 2021).
Accéder à la perspective des enfants, c’est d’une part mener des travaux qui font d’eux des partenaires de la recherche, mais c’est aussi les observer dans des activités comme le jeu, puisque c’est là que s’expriment leurs champs d’intérêt, leurs compréhensions, leur perspective même. Le jeu de faire semblant, une activité dans laquelle les enfants créent une situation imaginaire et interprètent des rôles qu’ils ont choisi d’investir (Clerc-Georgy et Martin, 2022), a une fonction de révélateur (Truffer, 2020). C’est un lieu particulièrement propice pour accéder à leur propre compréhension du monde et de leurs expériences, à une meilleure connaissance de ce qui les concerne réellement et du sens qu’ils construisent des situations proposées en contextes éducatifs.
Dans le cadre de ce colloque, divers travaux de recherches centrés sur la perspective des enfants au Québec et à l’international sont présentés. Il s’agit de faire dialoguer différentes méthodologies qui visent à accéder à la perspective des enfants : en l’observant dans ses jeux, comme le jeu de faire semblant, en jouant avec lui, en recueillant son point de vue ou encore en le ou la considérant comme cochercheur·se.
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