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André Couture : Université Laval
En étudiant le quatrième livre du Brahmavaivarta Purâna consacré à la biographie de Krishna, je me suis heurté à cette expression inconnue par ailleurs. Ce livre a vraisemblablement été écrit vers les XVe-XVIe siècles et les sages qu’on y rencontre appellent âdhyâtmika yoga la voie spirituelle qu’ils préconisent. Ce terme technique désigne littéralement une « discipline axée sur le Soi ». J’ai déjà évoqué rapidement ce yoga dans un travail antérieur (2018). Je me propose d’examiner plus en détail en quoi il consiste. À première vue, l’enseignement semble reposer sur un Krishna qui est à l’origine de tout dans le monde et dont tous les êtres ne sont que des manifestations (vibhûti), comme cela est déjà affirmé au chapitre 10 de la Bhagavad Gîtâ. Pourtant on parle en même temps de diverses formes de libération comme le fait d’être admis à vivre dans le monde de Vishnu (sâlokya) ou de demeurer en sa présence (sâmîpya), ce qui suppose probablement une route plus complexe qu’il ne semble à première vue.
Le monde est actuellement vivement préoccupé par la pérennité de la vie humaine sur la Terre et par la protection de l’environnement. En 2015, dans son Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’Organisation des Nations Unies a défini 17 objectifs qui concernent autant la justice sociale que l’éducation, la protection de l’environnement, la transparence des institutions et la croissance économique.
Le troisième objectif des Nations Unies concerne la bonne santé et le bien-être de l’ensemble des êtres humains. Le seizième objectif concerne la paix, la justice et les institutions efficaces. Plusieurs traditions philosophiques et spirituelles ont proposé depuis un siècle des méthodes pour favoriser l’épanouissement des personnes, à partir de savoirs ancestraux, le développement des individus et le fonctionnement harmonieux des sociétés.
Les bienfaits du yoga, de la méditation et de la pleine conscience sur la santé ont été démontrés (Baer et al., 2012; Taneja, 2014), ainsi que sur la qualité des relations interpersonnelles (Brown et Ryan, 2003). Ces pratiques liées à un certain art de vivre joueraient un rôle effectif dans l’harmonie sociale (Aïvanhov, 1982; Lubich, 2003) et induiraient par la création artistique une revitalisation de la relation au vivant.
La pandémie a favorisé la propagation de ressources en ligne, notamment au Japon, en Inde et au Canada (McLauglin, 2020). Plusieurs voies de l’hindouisme, issues du mysticisme, favorisent des pratiques dévotionnelles et méditatives qui s’inscrivent dans des communautés de foi (Dimitrova, 2014).
Quels sont les savoirs à l’origine des pratiques contemplatives actuelles en Asie et au Canada? De quelle façon ces savoirs et pratiques contemplatives sont-ils mobilisés et perçus par les pratiquants et les institutions? Ont-ils une influence mesurable sur la pérennité du monde? Quel rôle jouent les savoirs asiatiques et les pratiques contemplatives dans le maintien d’un monde durable?
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