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Hana Zayani : Université de Montréal
Certains chercheurs soulignent que les expériences du racisme vécu en milieu scolaire affectent les rapports que les parents immigrants entretiennent avec les enseignant-e-s et les enseignants ainsi qu’avec les directions d’école (Guennouni Hassani, 2018). Cela met en exergue la question de leur intégration sociale et de la collaboration-école-familles pour soutenir la scolarisation de leurs enfants. Notre étude a analysé les expériences et les relations quotidiennes des mères d'origine maghrébine en milieu scolaire (Zayani, 2021). Elle se base sur le concept du racisme ordinaire (Garneau, 2017) qui se manifeste lors de leurs interactions avec les membres de la communauté éducative de leurs enfants dans un contexte scolaire marqué par l'application de la loi 21 au Québec. Nous inscrivant dans une posture épistémologique interprétative, nous avons mené des entrevues semi-dirigées auprès de dix mères originaires du Maghreb qui ont des enfants fréquentant des écoles primaires et secondaires publiques de Montréal. L’analyse des résultats a notamment révélé que les mères immigrantes d'origine maghrébine se sentent confrontées au racisme ordinaire. Ceci pourrait être associé aux notions d'islamophobie ou d'arabophobie exprimées sous diverses formes par les membres d'autres communautés, notamment les Québécois du groupe majoritaire. L'adoption de la loi 21, selon ces mères, aurait contribué à exacerber leur sentiment de vivre du racisme ordinaire.
À l’échelle locale comme internationale, plusieurs encadrements législatifs protègent le droit à l’égalité et interdisent les discriminations raciales dans les institutions éducatives (Dhume, 2021). Malgré ces balises, les expériences des personnes de groupes racisés étudiant (élèves) (Collins, 2022), travaillant (personnel scolaire) (Adam, 2021; Larochelle-Audet, 2019) ou gravitant autour des écoles (familles, communautés) (Zayani, 2021) attestent l’actualité du racisme en milieu scolaire. Considérant que ce concept continue d’être souvent tenu pour illégitime dans les sciences sociales et humaines de tradition francophone (Garneau et Giraudo-Baujeu, 2018), ce colloque invite les chercheuses et chercheurs à présenter des résultats de leurs travaux permettant de documenter les configurations actuelles du racisme ainsi que les réactions et réponses des personnes y étant confrontées au quotidien. La mise en commun d’observations empiriques de niveaux d’analyse intermédiaires, croisant « macro/structure » et « micro/agentivité », contribue à saisir les formes toujours renouvelées de la domination qui empêchent des groupes de personnes de participer à la définition des institutions au sein desquelles elles posent leurs actions (Hamrouni, 2012). Elle permet également d’appréhender la pluralité et la complexité des matrices de résistance que les personnes confrontées aux structures de domination y opposent (Collins, 2016). Pour sortir d’une épistémologie de l’ignorance, aveugle aux rapports sociaux et de domination (Strega et Brown, 2015), les chercheuses et chercheurs seront invités à rendre explicite la perspective à partir de laquelle le savoir présenté a été produit (Benhadjoudja, 2015). Cette reconnaissance est essentielle à la construction d’un savoir collectif pouvant contribuer à davantage de justice raciale dans les institutions éducatives (Collins, 2009).
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