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Geneviève Boivin : Université de Sherbrooke
Dans un article portant sur l’ethnographie en contexte militant, Broqua (2009) illustre comment le terrain ethnographique est souvent source de tension entre distance et proximité (para.42). Ici, il fait référence à cet inconfort ou plutôt à cet entre-deux que peut ressentir tout ethnographe en posture d’observation participante. Cependant, la nature même de la recherche peut également placer les chercheur.e.s dans cette posture et engendrer divers questionnements méthodologiques et éthiques. Ainsi, nous souhaitons réfléchir à cet enjeu dans un contexte de recherche partenariale, contexte qui nous a régulièrement placé dans une posture balançant entre proximité et distance sur plusieurs aspects. Par exemple, comment lier les besoins de l’organisation avec ceux de la recherche sans devenir des « consultant.e.s »? Quel positionnement adopter dans le cadre des collectes de données ou encore avec les membres de l’organisation partenaire? Bien qu’il puisse y avoir de nombreuses pistes de réponses à ces questions, nous proposons d’adopter une posture réflexive (voir Neyland, 2007; Brummans et Vézy, 2022) afin de se pencher sur notre rôle dans ce contexte de recherche partenariale et sur la manière dont celui-ci nous amène à conjuguer avec cette tension distance/proximité au quotidien.
Ce colloque prendra la forme d’un « speed-dating » méthodologique et propose de réunir des chercheur·se·s provenant de différentes disciplines afin qu’iels puissent partager leurs expériences, idées et ressources sur le processus de réalisation d’un projet de recherche engagée. La recherche engagée est une forme de recherche participative permettant d’obtenir les points de vue des principales parties prenantes du projet pour être en mesure de comprendre un problème complexe dans un contexte particulier (Van de Ven, 2007). Elle se distingue de la recherche dite « traditionnelle » puisqu’elle permet l’exploration de problèmes concrets qui s’inspirent du domaine de la pratique et met la théorie en pratique. La recherche engagée implique alors un changement fondamental dans la façon dont nous, chercheur·se·s, définissons nos relations avec les sujets étudiés et la collaboration avec les parties prenantes qui sont des éléments essentiels pour réaliser un projet de recherche. Ce changement de paradigme demande un (re)questionnement de nos pratiques méthodologiques afin de mieux comprendre les relations ainsi que les processus de coconstruction à l’œuvre dans l’engagement des chercheu·se·s auprès des parties prenantes, qui sont au cœur d’une démarche de recherche engagée. Cet aspect de la recherche et les enjeux qui y sont liés sont moins souvent abordés et explicités lorsque les résultats d’un projet de recherche engagée sont présentés à la communauté scientifique au moyen d’articles ou de présentations plus formels, comme c’est bien souvent le cas dans les colloques. Aussi, bien que la plupart des universités francophones offrent des cours qui portent sur les méthodes qualitatives, peu d’entre elles donnent des formations qui portent spécifiquement sur les approches et les défis de la recherche engagée. Ce « speed-dating » nous permettra donc d’explorer la question suivante : Quels types d’approches et outils méthodologiques nous permettent d’impliquer davantage les parties prenantes dans les processus de cocréation de la recherche engagée, allant de la conception à la diffusion du projet ?
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