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Recherche qualitative des effets subjectifs du travail dans contexte socio-sanitaire de pandémie sur les professionnels de la santé mentale dans les hôpitaux publics chiliens

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Marcelo Balboa : Université Laval

Résumé de la communication

En réponse à la nécessité d’agir en faveur de la prise en charge sanitaire des équipes de santé face à la pandémie de COVID-19, une équipe pluriprofessionnelle s’est réunie en mars 2020 pour mettre en œuvre un dispositif socio-institutionnel d’intervention-action de prévention en santé mentale au travail auprès des équipes professionnelles des hôpitaux publics chiliens.

Cette action répondait au fait que les organisations sanitaires allaient être confrontées à une demande institutionnelle sans précédent par sa complexité, et connaissant les limites institutionnelles pour offrir les conditions nécessaires à la sauvegarde du bien-être et à la génération de leurs travailleurs, dans un environnement social marqué par d’importantes inégalités sociales. Pour de nombreux travailleurs, cette situation signifiait que leur santé était affectée par la manière dont le travail était organisé, ainsi que par leur carrière professionnelle. Un an après la fin de la phase la plus critique de la pandémie, nous nous intéressons à l’analyse des effets subjectifs ressentis par ces professionnels en raison de l’effort subjectif fourni dans l’exercice de leur travail de santé. À travers un dispositif de recherche qualitative, avec des techniques socioanalytiques, nous essayons de contribuer à dévoiler les déterminants des effets subjectifs du travail chez ces professionnels, associés à des questions liées à l’inégalité sociale avec laquelle fonctionne le système de santé publique au Chili.

Résumé du colloque

Au Québec comme ailleurs, l’état de la santé psychologique des individus est préoccupant. Ce portrait s’est d’autant plus aggravé avec la pandémie de COVID-19 (Généreux et al., 2021), suscitant une prise de conscience collective quant aux enjeux de santé mentale. Ceux-ci peuvent nuire aux parcours d’apprentissage et entraver les possibilités d’accès à des emplois, formations ou projets de vie (Michaud et al., 2012; Supeno et Bourdon, 2017). Aussi, certains groupes de personnes, en raison de leurs caractéristiques et conditions de vie (p. ex., genre, statut socioéconomique, handicap, origine ethnique, accès aux services), se trouvent désavantagés, vulnérabilisés, notamment en matière de santé mentale (Alegria et al., 2018; Giguère et Hanfield, 2021). Ce désavantage se traduit par des phénomènes de marginalisation et de stigmatisation menaçant leur pleine participation à la société (Gaborean et al., 2018).

Plusieurs travaux soutiennent l’importance de s’intéresser aux liens entre les sources structurelles d’inégalités sociales et la santé mentale (Corbeil et Marchand, 2006). À cet égard, la recherche qualitative peut jouer un rôle significatif en permettant d’appréhender la complexité de l’interaction entre les inégalités sociales et les difficultés de santé mentale (Davidson et al., 2008; Joseph et al., 2009). Riche de sa diversité théorique et méthodologique, la recherche qualitative contribue à décrire, à comprendre et à théoriser, sous différents angles, des processus et des phénomènes complexes entourant la santé mentale, les inégalités et la justice sociale (Gewurtz et al., 2016). Les connaissances issues de ces recherches s’avèrent pertinentes, en permettant d’appréhender des phénomènes invisibles, de déconstruire des préjugés et d’aborder avec délicatesse des sujets tabous qui entourent la santé mentale et qui ont répercussions considérables pour les individus, leur entourage et la société.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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