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Berna Elias : Université de Montréal
Cette communication propose une activité pour faire vivre aux personnes participantes au colloque une expérience d’écriture contemplative (Barbezat et Bush, 2014). Nous souhaitons ainsi les accompagner à (re)prendre contact avec ce qu’elles ont ressenti suite aux témoignages des étudiant.e.s à propos de leurs expériences d’inclusion et/ou d’exclusion au sein de l’université dans le panel précédant cette présentation. Les personnes participantes seront ainsi invitées à exprimer leurs pensées, leurs émotions et leurs impressions par l’écriture libre, puis elles seront amenées à prendre un recul contemplatif sur celles-ci. En mobilisant leur expérience sensible comme moteur de réflexion et de sensibilisation sur les enjeux de justice sociale, elles auront donc l'occasion de cultiver leur attention pour approfondir leur compréhension des vécus d’inclusion et d’exclusion.
Les parcours universitaires sont évalués à partir de l’acquisition de différents savoirs, y compris notamment le savoir-être. Plus spécifiquement, les étudiant·e·s en relation d’aide, comme le travail social, reçoivent une formation à une compréhension des problèmes sociaux, économiques et politiques ainsi que des enjeux impliquant des populations vulnérables auprès desquelles il faut intervenir. Ces étudiant·e·s sont, de fait, devant des situations complexes où s’inscrivent détresse et souffrances. Parallèlement à ce contexte d’intervention, au sein même de leur apprentissage, des personnes de diverses identités de genre ou racisés vivent des situations de discrimination ou d’altérité. Notamment, nous avons des préoccupations croissantes concernant les inégalités raciales et ethniques dans les expériences et les résultats de certaines d’entre elles. Pour les universités, il semble urgent de veiller à ce que tout le monde soit conscient de l’existence du racisme, qu’il s’agisse de formes explicites, implicites ou subtiles de préjugés ou de discrimination. Dans cette perspective, il est important d’utiliser des exemples, des scénarios ou même des démonstrations visuelles pour plus de clarté (Wong et al., 2021) afin d’outiller les étudiant·e·s, particulièrement les personnes en relation d’aide, pour qu’elles terminent leur diplôme tout en les incitant à la collaboration et à l’interaction respectueuse, du point de vue antiraciste et anti-oppressif. Ceci, également pour les préparer au terrain afin de ne pas s’épuiser. Elles seront plus en mesure de travailler en collaboration et interaction respectueuses par une mise en pratique de rapports anti-racistes et anti-oppressifs.
Ce colloque constitue l’occasion de prendre un temps d’arrêt pour partager des points de vue à propos des mécanismes systémiques et structurels discriminants, et des possibilités de changement par le développement d’initiatives favorisant le rapprochement et la réflexivité au sein de l’université, un sujet peu exploré.
De ce fait, plusieurs membres du corps professoral de l’École de travail social de l’Université de Montréal ont mis en place des initiatives et des projets pour et avec des étudiant·e·s afin de mieux répondre à leurs besoins. Par ailleurs, d’autres universités ont également créé des espaces de soutien pour les Noir·e·s (McGill) et des projets autour du racisme (UQAM). Le présent colloque veut consolider ces initiatives afin de favoriser la réussite de chacun et chacune, quelles que soient leurs multiples identités. Il part du principe que l’introspection et la posture critique ainsi que la collaboration interuniversitaire entre enseignant·e·s et étudiant·e·s sont nécessaires pour soutenir leur réussite, laquelle est mise à mal par des expériences désagréables.
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