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Catherine Maynard : Université Laval
Les approches plurilingues sont de plus en plus reconnues comme leviers pour soutenir les apprentissages des élèves et favoriser leur engagement (Armand, Dagenais et Nicollin, 2008; Lory et Armand, 2016; Maynard et Armand, 2021). Toutefois, en contexte scolaire, elles sont encore trop souvent implantées de manière ponctuelle ou dans la limite de projets de recherche. Ainsi, pour les acteur.trices scolaires et les chercheur.es s’intéressant au plurilinguisme, une question importante associée à l’implantation de ces approches demeure : qu’est-ce qui permet la pérennisation d’approches plurilingues en milieu scolaire? La présente communication vise à apporter des pistes de réponse à cette question à travers l’étude de cas d’une école primaire montréalaise prenant part, depuis cinq ans, à un projet d’écriture créative et plurilingue nommé « kamishibaï plurilingue ». Au moyen de notes de terrain et d’entretiens avec des enseignant.es (n =11), nous présenterons : 1) le processus d’appropriation et de transformation de ce projet; 2) les facteurs qui permettent à celui-ci de perdurer, tels que l’adéquation avec le projet éducatif de l’école et le leadership d’une alliée plurilingue.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
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