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Pierre Canisius Kamanzi : Université de Montréal
Économistes et sociologues s’accordent sur le fait que l’école est un instrument de développement durable, de réduction des inégalités sociales et d’amélioration du bien-être social et individuel (McMahon & Oketch, 2013; Pallas, 2003). Sous cet angle, l’école est un instrument de réparation sociale, pour reprendre les termes de Rawls (1987). Cette fonction de réduction des inégalités sociales pose au moins une condition pour être remplie: l’égalité sociale au sein de l’école elle-même. La persistance des inégalités sociales en éducation pose des défis, mais leur acuité varie entre les sociétés selon les politiques publiques, les pratiques institutionnelles et les idéologies dominantes (Dubet, Duru-Bellat & Vérétout, 2010). Bien que les formes de ces inégalités soient quasi similaires entre les pays, les mécanismes à la base de leur (re)production varient entre contextes sociaux. Qu’en est-il au Québec? Quelles seraient les pistes envisageables pour instaurer un système éducatif juste et équitable? Après avoir montré que les inégalités sociales en éducation y sont prononcées et sont perpétuées par la « colonisation » de la société par l’idéologie néolibérale et du système éducatif par les pratiques de marché depuis les années 1980, nous proposons quelques pistes de « décolonisation » inspirées du Mouvement École Ensemble (2017) et fondées sur la construction de la cohésion scolaire par le vivre-ensemble et une école riche de tous ses élèves (Conseil supérieur, 2017).
Les dernières années ont été témoin d’une prolifération de politiques institutionnelles dans divers milieux, dont les milieux de l’éducation, visant à renforcer l’équité, la diversité et inclusion (EDI). Ces politiques ciblent notamment l’amélioration de la participation des personnes sous-représentées ou marginalisées dans ces milieux, en considérant leurs diverses réalités et en éliminant les obstacles et préjudices d’ordre systémique favorisant leur épanouissement (Gouvernement du Canada, 2021). Or, ces politiques sont complexes, et parfois même contestées de par l’incompréhension de certains décideurs ou intervenants des principes d’équité et des moyens à prendre pour favoriser une plus grande inclusion des personnes concernées par l’EDI (Tamtik et Guenter, 2019). De plus, l’adhésion stricte à une politique EDI ne permet pas nécessairement de confronter les structures à la source des inégalités (Scott, 2020). Si les stratégies EDI peuvent faciliter l’inclusion de personnes issues des groupes concernés dans les milieux d’enseignement, sans un changement sur le plan structurel, sans la mise en place de nouvelles pratiques institutionnelles et sans l’établissement des meilleures conditions pour soutenir ces pratiques, les inégalités sociales ne peuvent que se perpétuer; ces inégalités se nourrissant des structures qui ont contribué à la construction et au maintien des conditions ayant mené à l’exclusion des personnes. En effet, l’oppression, la discrimination et l’exclusion sont à la fois des processus et les résultats de ces processus qui se développent à travers les inégalités et les divisions sociales (Thompson, 2001). Un changement sur le plan des inégalités sociales dans les milieux de l’éducation passe donc nécessairement par un changement de pratiques permettant la confrontation de ces processus et par la reprise de pouvoir par les groupes concernés (Pullen Sansfaçon, 2013; Van Wormer, 2010), et ce, afin de favoriser l’inclusion et le plein épanouissement des personnes.
En conférence d’ouverture : Johnny Boivin
Panélistes invité.e.s : Amandine Catala (UQAM), Emanuelle Dufour (Concordia), Félix Bélanger (UdeM) et Aranzazu Recalde (Ministère de l’Éducation du Québec)
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