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Thomas Collombat : UQO - Université du Québec en Outaouais
Le statut social et politique des personnes retraitées au Québec n’est pas clairement défini. L’absence d’un âge légal de départ à la retraite, la possibilité de cumul de revenus de pension et du travail ainsi que la relative faiblesse des régimes publics de retraite conduisent à une forte hétérogénéité des situations individuelles. Le rapport des personnes retraitées au mouvement syndical pose également question. Si certaines structures de représentation et de militance existent au sein de plusieurs organisations, leur rôle et leur ampleur varient grandement. Le fait que l’adhésion syndicale soit réservée au salariat actif mais que ces mêmes syndicats négocient dans le même temps les régimes de retraite est une source potentielle de tensions et contradictions qu’il convient d’explorer.
Nous proposons de poser les jalons d’une problématisation de l’action collective des personnes retraitées au Québec. Nous nous baserons sur le cadre théorique des logiques de l’action collective. Cela permettra de soulever des questions en lien avec différents aspects de la justice sociale, notamment en termes de justice redistributive. Notre communication visera dans un 1er temps à identifier certaines caractéristiques socio-démographiques des personnes retraitées au Québec, puis à proposer un premier portrait des structures d’action collective syndicales et para-syndicales dont elles disposent. Nous conclurons en avançant des pistes de problématisation d’une enquête plus large sur le sujet.
La capacité, voire la légitimité, de notre monde à durer est mise à l’épreuve, autant par son insoutenabilité écologique que par l’ampleur de ses injustices sociales. L’importance de ces défis génère des tensions et une polarisation politiques croissantes qui interrogent le rôle des savoirs dans nos choix pour notre avenir commun. Pour construire d’autres horizons politiques pour ce XXIe siècle déjà mal engagé, quels savoirs est-il nécessaire de reconnaître, de construire, de mobiliser, et comment ?
Cette question invite d’abord à considérer les concepts mobilisés pour penser des avenirs souhaitables que l’on parle aujourd’hui de transition, de décroissance, de postdéveloppement, de buen vivir, de sobriété, de communs, de justice sociale, environnementale et épistémique, etc. Quels usages analytiques, mais aussi quelles mises en pratique militantes et organisationnelles ? Quelles oppositions et quelles articulations entre ces différents termes, mais aussi avec des contre-discours de plus en plus sonores (des utopies technocentristes à la multiplication des régimes antidémocratiques) ? Comment cela se concrétise-t-il sur et avec le territoire, notamment avec ses multiples acteurs à la recherche d’un plus grand pouvoir d’agir local ? Quels rôles pour les politiques sociales et quels nouveaux arrangements entre mouvements sociaux et citoyens, économie sociale et solidaire, philanthropie et État ? Dans quelle mesure ces débats résonnent-ils dans les milieux de travail, tant sur le plan des pratiques de gestion que des mobilisations collectives et de l’évolution de la qualité de l’emploi ? Comment cela s’opère-t-il dans la mise en organisation de la justice sociale, environnementale et épistémique ? Sous quelles formes organisationnelles et de quelles manières de s’organiser ?
Notre question exige aussi d’interroger les modes de construction des savoirs. Quel renouvellement des épistémologies face aux crises sociétales ? Quelle refondation des universités et des institutions productrices de savoir pour ouvrir de nouveaux horizons ? Quel rôle pour la société civile, notamment les personnes les plus marginalisées, dans la coconstruction des connaissances et la coproduction des actions collectives et des politiques publiques ? Quels savoirs oubliés, marginalisés ou invisibilisés à reconnaître ? Quel arbitrage entre défense de la science pour orienter décisions politiques et dérives épistocratiques (le règne des experts), aux dépens de la démocratie ?
Notre colloque sera l’occasion de travailler sur l’articulation entre l’émergence de nouveaux savoirs (ou la reconnaissance de savoirs déjà disponibles, mais invisibilisés) et la transformation sociale. Il s’agira d’interroger la contribution des savoirs à des transformations sociales, mais aussi de voir dans quelle mesure l’avènement d’un nouveau monde (sous ses paramètres sociaux, environnementaux, économiques, etc.) produit de nouveaux imaginaires, de nouvelles exigences épistémologiques ou de nouveaux outils cognitifs.
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