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Rana Boubaker : Université de Montréal
Déménager dans une résidence privée pour aînés (RPA) constitue une stratégie permettant à la personne âgée de faire face au risque de la perte de contrôle sur son environnement résidentiel surtout avec les changements de l’état de santé qui accompagnent le vieillissement. Les caractéristiques architecturales des RPA doivent alors répondre aux besoins des aînés en termes de santé et de sécurité; toutefois l’environnement dans lequel s’insère la résidence est dynamique. Divers changements urbains affecteront aussi le sentiment de chez-soi chez l’aîné.
Notre recherche vise à comprendre le rôle de l’espace résidentiel de la RPA dans la création d’un nouveau chez-soi et dans l’adaptation de l’aîné aux différents changements, à l’échelle de la résidence et du quartier. Nous avons mené 31 entretiens semi dirigés avec des résidents de 4 RPA de Montréal. Les résultats montrent que la recherche de la sécurité est le principal facteur motivant l’aîné à envisager le déménagement. Apporter des éléments de l’ancien logement est le début de la création d’un nouveau chez-soi dans la RPA. Le développement de relations sociales et le maintien d’une vie active sont essentiels pour l’intégration de l’aîné à la résidence. À l’échelle architecturale, la perte progressive de l’autonomie des autres résidents et le changement continuel du personnel affectent la satisfaction des participants. Les aînés déplorent les nouvelles constructions réduisant l’espace vert et modifiant la densité du quartier.
La transition démographique est bien réelle et transforme durablement la société et les ménages qui la constituent. Pour aménager et donner une juste place aux aînés, la politique québécoise Vieillir et vivre ensemble chez soi, dans sa communauté au Québec, rendue publique en 2012, cherchait à faire du vieillissement un projet positif de société. Elle a été traduite dans un premier plan d’action 2012-2017, qui a ensuite été revu avec Un Québec pour tous les âges, Le plan d’action 2018-2023. Les cinq grandes priorités placent maintenant la question des milieux de vie des aînés au centre des actions : des territoires de la vie quotidienne, une unité de planification municipale, un espace de reconnaissance, un éventail de ressources et une échelle d’intervention en santé. Or, les milieux de vie sont diversifiés, pluriels et surtout en constante évolution.
Le colloque s’organise autour de deux groupes de questions afin de faire le point sur la recherche et les innovations. 1) La diversité socioterritoriale des vieillissements : Que connaît-on de l’évolution des milieux de vie des aînés selon leurs morphologies et leurs accessibilités ? Quels sont les modes de vie des aînés selon différents milieux de vie, communautés et espaces réservés ? Quelles sont les dynamiques en villes moyennes, en régions et en milieux métropolitains ? 2) L’apport de la recherche et de l’innovation sur la gestion de la diversité : Comment évalue-t-on les réponses apportées à des vieillissements pluriels au sein d’un même milieu de vie ? Apporte-t-on des leviers d’adaptation assez diversifiés pour les ménages d’aînés ? Quelles sont les connaissances des milieux municipaux sur la diversité des vieillissements et celle de leurs territoires ? C’est avec ces questions que le colloque avancera la réflexion sur la recherche et l’innovation et sur l’interdisciplinarité nécessaire pour aménager des milieux capables de répondre à la pluralité des vieillissements d’aujourd’hui et de demain.
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