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Cristhian Teófilo Da Silva : Universidade de Brasília
Cette présentation se concentre sur le génocide du peuple Avá-Canoeiro au centre du Brésil dans les années 1960 par des colons extractivistes et la résistance ultérieure d'une seule famille à l'occupation de leur territoire qui a ensuite été utilisé comme site de barrages hydroélectriques dans le cadre d'une pratique néo-extractiviste. Le programme indigéniste conçu pour leur tutelle coercitive comme compensation légale de l'occupation et de l'exploitation de leur territoire sera également abordé pour décrire les conditions de vie actuelles auxquelles sont confrontés les Avá-Canoeiro pour survivre. Dans des circonstances aussi extrêmes, l'objectif de cette présentation est d'interpréter dans quelle mesure une « ontologie politique » peut être envisagée sous la superposition idéologique des discours développement-indigénistes-environnementaux qui leur sont imposés en tant que survivants du génocide et de l'écocide. On soutiendra que de tels discours finissent par encapsuler l'Avá-Canoeiro et subordonnent directement leurs besoins économiques de subsistance et leurs droits culturels à la reproduction du capital, où la souffrance sociale à laquelle ils ont été et sont soumis est réduite au silence.
L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).
Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).
Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.
Objectifs du colloque
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