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Saisir les trajectoires d’un État pouvoir. Repérer la criminalité foncière et les tensions État-élites-autochtones autour du foncier dans le village AKAK au Cameroun

JM

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Jean Emmanuel Minko À Bitegni : Université de Maroua

Résumé de la communication

Le présent papier entend décrypter les rapports d’inimitié et les tensions foncières de la biodiversité entre État-élite-autochtones dans le village AKAK au Cameroun, dans un contexte où l’État s’est lancé dans sa politique d’émergence en 2035. Une situation qui a favorisé la sollicitation des vastes terres dans le champ rural par une certaine élite autochtone et allogène, appelée les néo-seigneurs fonciers. Ces derniers sont constitués des hommes politiques, financiers, coutumiers et des cadres de diverses institutions étatiques et privées pour des activités agropastorales et agro-industrielles. Une réalité qui a contribué à paupériser les populations autochtones et entraîner leurs frustrations. Cette désappropriation foncière de ces élites politiques, financières et coutumières vis-à-vis des populations autochtones a été déterminante dans la fabrique de la criminalité foncière, entendue ici comme l’ensemble d’activités, d’actions et de comportements illicites, illégitimes et illégaux dans l’acquisition foncière, l’exploitation foncière. Une réalité qui s’assimile à la considération mbembeienne de la souveraineté comme « le pouvoir et la capacité de dire qui pourra vivre et qui doit mourir ». Une situation qui conduirait à une forme émergente de violence.

Faire le décryptage de la violence souveraine sous le prisme des rapports d’inimitié émergents entre les pouvoirs publics, la classe élitiste et les autochtones à Akak, est la pleine raison de ce papier.

Résumé du colloque

Ce colloque porte autant sur la notion d’autochtonie (comme catégorie juridique et levier politique de reconnaissance) que sur la manière dont elle se décline et se discute en Afrique. Autrement dit, si le continent africain servira de repère, c’est pour mieux permettre le dialogue avec les nombreux travaux abordant plus généralement l’autochtonéité, en particulier en Amérique du Nord.

De la sorte, les communications apporteront des éclairages quant à une diversité de terrains, et ce, dans la mesure où les multiples configurations étudiées offrent des occasions de discussion avec les réalités africaines, mais la réciproque n’en sera pas moins vraie.

Ainsi, ce qui rassemble ces peuples tient dans les déclarations les reconnaissant en tant que cultures spécifiques au sein de la modernité avancée. Pour autant, au-delà du terme unificateur, ces spécificités se déclinent de bien des manières.

Pour exemple, si foncièrement la qualification des populations autochtones se révèle relativement clairement établie en Amérique du Nord, il n’en va pas de même pour le continent africain, dont l’histoire coloniale est profondément différente et où se trouve interrogée la distinction des peuples selon une continuité historique.

L’intention de cette rencontre s’inscrit bien dans le contexte francophone, en ce sens que l’ancienne puissance coloniale a contribué à produire des configurations extrêmement hétérogènes. En effet, entre l’autochtonie à l’ouest de l’Atlantique, où la définition du primo-arrivant peut faire sens, face à des Européens restés sur place pour faire souche, au contraire c’est une autochtonie controversée qui se présente en Afrique, où le colonisateur n’a pas laissé derrière lui de semblables communautés, durablement installées. De plus, dans nombre de pays africains, les ethnies majoritaires revendiquent l’ancienneté séculaire de leur présence, reprochant à l’autochtonisation la saveur amère d’une injonction conceptuelle produite par des instances internationales éloignées.

Au-delà d’un comparatisme hasardeux, devant la diversité des contextes, les sessions proposées viseront davantage à alimenter les réflexions qui, en Amérique du Nord notamment, cherchent à concilier justice environnementale et équité sociale, et ce, en apportant des regards quant à d’autres contextes, que nous pensons utiles à l’objectivation. Que nous disent les travaux africanistes quant au traitement politique de l’autochtonie, mêlant plusieurs échelles d’analyse qui s’entrecoupent : internationale, nationale et locale ? Qui en sont les acteurs et quels groupes s’y trouvent impliqués ? Qu’est-ce que la notion d’autochtonie exprime vis-à-vis de la modernité réflexive ? En quoi ces démarches répondent-elles au souci d’éthique qu’elles avancent ?

Enfin, il paraîtra central d’insister sur la dimension de vulnérabilité qui est associée à l’idée de peuple autochtone. Dans ce cadre, les spécialistes des Amériques apporteront leurs expertises, étayées par plusieurs décennies critiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Laurence Boutinot
section icon Date : 8 mai 2023

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