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« Sexe, Genre et Société: Engendrer les Sciences Sociales Africaines » 20 ans plus tard

FS

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Fatou Sow : Centre national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

Cet ouvrage engendering African Social Sciences (1977), traduit en francais : sexe, genre et société engendrer les sciences sociales africaines (Karthala, 2004) est un livre qui rassemble les actes du colloque "L'analyse de genre dans les sciences sociales en Afrique". Il s'agit d'une réflexion africaine sur les avancées, les difficultés et les résistances de la production en sciences sociales à prendre en compte la question des femmes et des rapports d'inégalité entre les sexes. Malgré les efforts des pouvoirs politiques africains pour améliorer la condition des femmes, la question de l'égalité entre les sexes reste un défi important pour le développement africain. Les débats internationaux portent sur la question des femmes, leur accès aux ressources matérielles et financières, leur rôle dans la famille et leur contribution à l'économie nationale. Mais qu'en est-il réellement d'une perspective féministe du développement ? 20 ans plus tard, il est important de se poser de nouvelles questions sur la question des femmes et de ré-engendrer les sciences sociales pour inclure davantage la perspective de genre.

Résumé du colloque

La notion de genre est devenue omniprésente dans la recherche sur le développement en Afrique (Treillet, 2008). Toutefois, la prégnance des partenaires internationaux dans ces recherches semble avoir affaibli son potentiel transformateur des relations de pouvoir inégalitaires dans les sociétés africaines (Parpart, 2014). En effet, le genre semble avoir été instrumentalisé pour pallier la résistance au concept de féminisme en Afrique. Or, cette résistance n’est pas synonyme d’un rejet de l’idéologie féministe entendue comme une critique des rapports sociaux de genre, mais comme une distanciation avec le féminisme en tant que « cadre universaliste de mobilisation » (Latourès, 2009, p. 144). De plus, ce refus provient de chercheur·se·s d’Afrique qui cherchent à s’approprier la lecture de leur propre réalité (Touré, 2002).

Sur le plan heuristique, il serait donc important de se demander à quelles réalités nous faisons référence quand nous parlons du genre en Afrique ? Quel est le sujet politique de la recherche sur le genre en Afrique ? Pouvons-nous affirmer que recherche féministe et recherche sur le genre sont interchangeables ?

Nous aimerions en débattre au regard des résistances que génère la question du féminisme en Afrique (Dieng, 2021). Il s’agira plus spécifiquement de poser la question des enjeux qu’une recherche sur le genre pose, notamment dans le processus de construction de la connaissance. Ces enjeux de plusieurs ordres se situent à l’intersection des inégalités de genre au sein du monde universitaire, la prégnance des agences de développement, mais aussi la division internationale du travail scientifique (Direnberger et Doubogan, 2022). S’agissant de la division internationale du travail scientifique, il serait intéressant d’interroger l’hégémonie des enjeux que constitue la non-interrogation d’un certain nombre de chercheur·se·s du Nord concernant les relations de pouvoir — rapports sociaux de race qui se juxtaposent aux rapports de genre — dans les espaces universitaires et les recherches sur le genre.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

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