Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Catherine Gosselin-Lavoie : Université de Montréal
Au Québec, près de 15% des enfants inscrits à l’éducation préscolaire n’ont ni l’anglais ni le français comme langue maternelle déclarée (MEES, 2020). Ceux-ci sont amenés à poursuivre le développement de leur compétences langagières, dont leurs habiletés narratives, en français. Les habiletés narratives correspondent à la capacité à comprendre, organiser et présenter une série d’évènements qui présentent une structure narrative, dimension primordiale dans la réussite scolaire (Licandro, 2016). Par ailleurs, la mise en place d’approches inclusives prenant appui sur la diversité linguistique permet de soutenir le développement langagier des enfants en apprentissage du français (Cummins, 2017; Candelier et al., 2013). Dans notre thèse, inscrite dans un vaste projet de recherche (Armand et al., 2021), nous avons étudié les effets d’une intervention de lecture partagée d’albums plurilingues sur le développement des habiletés narratives d’enfants de 6 classes de maternelle 5 ans en milieu pluriethnique et plurilingue. Nous présenterons d’abord les résultats de l’intervention puis, brièvement, le dispositif de formation continue développé à la suite du vaste projet de recherche et offert à une centaine d’enseignant·es en collaboration avec des conseillères pédagogiques (CP) de 4 centres de services scolaire (CSS). À ce propos, les observations d’une des CP sur les pratiques enseignantes visant à soutenir le développement des habiletés narratives seront rapportées.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
Titre du colloque :
Thème du colloque :