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Hélène Rompré : Collégial international Sainte-Anne
Deux enseignantes d’histoire, Hélène Rompré et Céleste Lalime, du Collégial international Sainte-Anne, ont constaté qu’il était moins facile de soulever la passion de leurs groupes en parlant de la Première Guerre mondiale qu’en présentant la Seconde Guerre mondiale. Avec l’aide de l’entreprise Barnaque, elles ont donc conçu une tranchée de l’armée britannique sur le front de la Somme que les étudiants peuvent visiter à l’aide d’un casque de réalité virtuelle pour comprendre comment vivaient les soldats sur le front Ouest. Les étudiant.e.s peuvent aussi se lancer sur le champ de bataille, le 1er juillet 1916, en espérant survivre. Les résultats préliminaires de l’efficacité de ce jeu sur les apprentissages de cinq classes d’histoire montrent que le jeu motive les étudiant.e.s davantage qu’un cours théorique portant sur le même sujet. Toutefois, il est difficile pour l’enseignant de s’assurer de l’uniformité des apprentissages, puisque chaque étudiant.e est responsable de sa propre expérience. Alors que certains étudiant.e.s passent 45 minutes à explorer les moindres recoins du jeu, d’autres disent avoir terminé beaucoup plus rapidement.
Les recherches en matière d’enseignement de l’histoire abondent et s’intéressent autant aux questions de fondements (incarnées par exemple dans des analyses des objectifs des programmes d’études) qu’aux questions d’application (matérialisées par des expérimentations, en classe, d’activités avec des jeux vidéos, par exemple). Il en ressort une vue parcellaire sur cet ensemble disparate.
En raison entre autres des rapports que l’enseignement de l’histoire entretient avec l’éducation à la citoyenneté depuis longtemps dans plusieurs juridictions, toutes ces questions de recherche entrent en relation avec les enjeux sociaux auxquels tous les humains d’aujourd’hui sont vraisemblablement confrontés à un degré ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre.
Ainsi, maintes opinions ont été débattues quant à la façon dont l’histoire scolaire traite (ou non) ou devrait traiter des identités de genre, des mémoires, du racisme (individuel, structurel ou systémique) envers les afro-descendants ou les membres des Premières Nations, des religions, du sexisme ou de la xénophobie envers les immigrants, pour citer quelques exemples.
Ce colloque vise à rassembler des chercheuses et des chercheurs dont les travaux se recoupent à l’occasion de la publication de trois ouvrages collectifs couvrant tous les secteurs de la recherche la plus récente au Québec en didactique des sciences sociales.
Le premier ouvrage regroupe des récits de pratiques mettant en œuvre des jeux vidéo pour aider les élèves à développer leur pensée critique envers les produits culturels profanes (par opposition à savants) traitant du passé.
Le deuxième s’intéresse aux objets difficiles, thèmes sensibles et enseignement des sciences humaines et sociales.
Le troisième brosse un portrait des recherches menées à propos de l’histoire scolaire au Québec et ailleurs.
Structuré selon des axes dont ces livres sont à l’origine, il prévoit aussi des moments d’échanges combinant des recherches qui ne se recoupent encore que trop partiellement.
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