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Ariane Couture : Université de Sherbrooke
Depuis plusieurs années, les valeurs d’équité, de diversité et d’inclusion sont au cœur des discours des organes étatiques municipaux, québécois et canadiens qui soutiennent les arts. Mais l’effet de ces mesures pour la progression des femmes dans le métier de composition de musique savante reste flou. Les compositrices sont découragées à l’entrée de la profession et leurs œuvres ne sont pas pleinement intégrées dans les concerts. Si un certain travail d’insertion a été effectué au cours des dernières années, quelle place occupent maintenant les compositrices dans les programmes des organismes dédiés à la musique de création?
Pour répondre à cette question, une étude de la portée a été réalisée sur le sujet des femmes compositrices et sur leur présence dans le milieu de la création musicale au Québec. De cet inventaire de la littérature ressort trois principaux constats. D’une part, malgré les grandes avancées du mouvement féministe depuis les années 1970, l’égalité des droits et du traitement homme-femme n’est pas atteinte en musique. Il en découle, d’autre part, un certain malaise de parler de féminisme, voire du genre féminin, en musique. Enfin, de nombreuses compositrices adoptent des pratiques musicales alternatives (électroacoustique, improvisation, installation) souvent ignorées par les principaux organismes de production et les grands médias, ce qui crée une double marginalisation en tant que femme ET travailleuse en musique.
En 1978, le Conseil du statut de la femme dresse un état des lieux de la situation des femmes du Québec dans son avis Pour les Québécoises : égalité et indépendance. Il y examine les causes des inégalités sexuelles et analyse les obstacles qui restreignent l’autonomie des femmes et leur pleine participation à la société. Les thèmes de la socialisation, de la santé, de la famille, du marché du travail et de l’exercice du pouvoir sont scrutés à la loupe afin de débusquer les injustices et de cibler les moyens d’y remédier. L’exercice s’appuie sur une consultation menée auprès de groupes de femmes et de comités de travail dans l’appareil gouvernemental, dans le contexte où les données sur les conditions de vie des femmes sont rares et où la recherche féministe est à l’état embryonnaire.
Aujourd’hui, le champ des études féministes s’avère prolifique. Ce foisonnement implique des chercheuses et des chercheurs de différents horizons disciplinaires dont les travaux contribuent à éclairer, sous différents angles, les réalités multiples vécues par les femmes. L’heure n’est plus à l’idée d’une condition universelle des femmes, mais à la diversité des expériences, lesquelles sont appréhendées au croisement de systèmes de discrimination qui concourent à la production et à la reproduction d’inégalités sociales fondées, par exemple, sur le genre, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le colloque proposé sera l’occasion de prendre acte du panorama de connaissances théoriques et empiriques produites au regard des thématiques examinées en 1978, et de mesurer les avancées et les enjeux persistants qui forment la trame de l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.
Titre du colloque :