pen icon Colloque
quote

Violences obstétricales et reproductives : la recherche-création à l’action

MC

Membre a labase

Marianne Cloutier : Université de Montréal

Résumé de la communication

Dans le cadre de notre présentation, nous proposons de revenir sur les travaux effectués au cours des dernières années à la Chaire McConnell-Université de Montréal en recherche-création sur la réappropriation de la maternité. Nous reviendrons sur cette réflexion collective effectuée autour des tabous liés aux violences reproductives et sur la portée des diverses activités menées au sein de la Chaire, tout en présentant un survol des pratiques d’Heidi Barkun et de Kimberley de Jong, deux artistes en résidence à la Chaire. En seconde partie, l’artiste Caroline Boileau présentera Ces langues que parlent les femmes. Ce projet de résidence lui permet de revenir à une partie de son travail d’atelier et de performance qui s’intéresse à la prise de parole de personnes rencontrées qui acceptent de lui livrer, pour quelques instants ou plusieurs heures, le récit de leur corps. Ces récits ont été de formidables moteurs de réflexion et de création qu’elle a cherché à traduire par le dessin, la sculpture, la vidéo et la performance afin de les rendre publics. Par son travail, Boileau cherche finalement à complexifier histoires, connaissances et expériences, à les troubler davantage pour tenter de faire émerger des questionnements et des étonnements, pour (re)faire émerger la parole.

Résumé du colloque

Les violences obstétricales, gynécologiques et reproductives (VOGR) sont loin d’être marginales. Qu’elles se produisent dans un service de santé ou dans une relation intime, elles constituent une entrave à l’intégrité corporelle ainsi qu’à l’autonomie reproductive et décisionnelle de celles qui les subissent. On pense ici à des gestes médicaux imposés lors d’examens gynécologiques ou pendant un accouchement ou encore à la pression exercée sur des femmes pour qu’elles deviennent enceintes. Les VOGR renvoient à des comportements ou des paroles qui ne tiennent pas compte du consentement de la personne qui en est victime, et ce, à l’intérieur de rapports de force, de domination et de coercition. Or, les VOGR restent encore peu documentées (Grace et Anderson, 2018; Sutton et Knight, 2020). Les connaissances récentes émergent de la rencontre des savoirs universitaires, pratiques, expérientiels et militants afin de mieux comprendre les contextes, formes et conséquences inhérentes aux VOGR (Rozée et Schantz, 2021).

Dans le cadre du colloque, une exploration de l’historiographie des VOGR permettra de situer les savoirs existants et de visibiliser les différents mouvements féministes qui ont contribué à la reconnaissance des VOGR. Par la suite, des réflexions s’inscrivant dans une approche féministe et intersectionnelle des VOGR permettront d’amplifier les voix des personnes ciblées par des systèmes d’oppression contribuant à l’expression disproportionnée et spécifique de ces violences. On peut évoquer ici l’imbrication du colonialisme et du sexisme en lien avec la stérilisation imposée aux femmes autochtones (Basile et Bouchard, 2022) ou encore celle du racisme et du sexisme quant au manque de soutien et de considération que peuvent vivre les femmes noires et racisées à l’intérieur des services de santé reproductive (Vedam et al., 2019). À cela s’ajoutent notamment des discriminations basées sur la classe sociale ou le capacitisme qui exposent aussi les femmes pauvres ou en situation de handicap à ce genre de violences (Morin-Aubut, 2020). Enfin, on s’intéressera aux pratiques prometteuses et aux actions à mobiliser pour lutter efficacement contre les VOGR. Entre prévention, formation et soutien, plusieurs pistes seront partagées et discutées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 8 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :