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À qui faire confiance? L’accent et la couleur de la peau comme source de discrimination envers les experts.

JG

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Jean-Philippe Gauvin : Université Concordia

Résumé de la communication

Les recherches sur la diversité ont établi depuis longtemps que les attitudes à l'égard des membres de groupes minoritaires sont influencées par divers signaux, tels que les noms à consonance ethnique ou la couleur de la peau. Mais si ces signaux sont principalement visuels, qu’en est-il des signaux auditifs, comme l’accent d’une personne immigrante? Il est intéressant de noter que la littérature sur les attitudes linguistiques révèle que les accents étrangers contribuent grandement à l’opinion qu’on se fait des nouveaux arrivants. Ces domaines de recherche montrent que les signaux visuels et auditifs ont un impact important sur la confiance et la crédibilité : les membres du groupe majoritaire sont moins susceptibles de trouver les membres de groupes minoritaires aussi dignes de confiance et crédibles que les membres de leur propre groupe. Mais comment savoir quel type de signal, auditif ou visuel, a le plus d'effet sur la confiance et la crédibilité? De plus, les effets sont-ils intersectionnels, c’est-à-dire qu’ils s’additionnent de sorte que les membres d'un groupe minoritaire auditif et visible sont encore plus discriminés? Nous tentons de répondre à ces questions en utilisant les données d'une expérience en ligne, réalisée auprès de 1 200 résidents du Québec et à 1 200 résidents de l'Ontario. Nous examinons comment les répondants perçoivent la crédibilité de divers experts en changement climatique d'origine ethnique et d'accent différents.

Résumé du colloque

Dans la mouvance de l’adoption du projet de loi no 96 en mai 2022 et des élections québécoises à l’automne de la même année, les questions et les débats entourant le lien présumé entre l’immigration et le « déclin du français » au Québec, voire de la survie de la nation québécoise francophone, sont apparus sur un nombre sans cesse croissant de tribunes. Qu’il s’agisse de seuils d’immigration, de limites de la capacité d’accueil de la société québécoise, de pouvoirs et de gestion de l’immigration permanente et temporaire par le Québec, de politiques et de mesures de francisation, d’intégration et de régionalisation, pour ne mentionner que ceux-là, beaucoup a été dit sans pourtant offrir un portrait juste, nuancé et dénué de clichés sur ces enjeux.

Le gouvernement québécois s’est engagé à tout mettre en œuvre pour freiner le recul du français au Québec, lequel serait attribuable, selon lui, au fait que les immigrants ne parlent pas ni n’utilisent suffisamment cette langue. Très souvent, une telle lecture de la réalité repose sur des indicateurs dont la portée est plutôt limitée et qui font l’économie d’analyses qui prennent en compte la complexité et la richesse des dynamiques associées à la diversité ethnoculturelle, au plurilinguisme et à la concomitance du français comme langue publique commune et de l’anglais comme lingua franca globale.

Mais que sait-on du rapport qu’entretiennent les immigrants avec la langue française et la notion de « français langue publique commune » ? Quelles représentations se font les immigrants, récents et établis, de la présence et du statut relatif du français et de l’anglais au Québec, et à Montréal en particulier ? Lors du recensement de la population de 2021, environ 57 % de la population de langue maternelle tierce déclarait parler plus d’une langue à la maison. Que nous révèle ce plurilinguisme au foyer au regard des pratiques et des comportements linguistiques au travail, dans le domaine de l’enseignement postsecondaire, dans l’espace public en général ? À quels défis les nouveaux arrivants sont-ils confrontés lorsque leur langue première n’est pas le français ? Quels sont les facteurs qui modulent positivement ou négativement leur apprentissage du français ? Que sait-on des succès, voire des limites, de ces mesures qui visent à favoriser l’apprentissage et l’usage du français ? Quels rôles joue ou ne joue pas la société d’accueil pour valoriser et promouvoir l’usage du français auprès de certaines communautés immigrantes ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre dans le cadre de ce colloque. Ce dernier vise à fournir un éclairage au débat public sur ces enjeux et à favoriser un meilleur arrimage entre la recherche et les données probantes d’une part, et le développement de programmes et de mesures susceptibles de favoriser un meilleur vivre-ensemble linguistique d’autre part.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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