Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Sandrine Lacroix : Polytechnique Montréal
Bien qu'implantées souvent dans un objectif de gestion des eaux pluviales, les infrastructures bleues-vertes (IBV)
permettent d'offrir une variété de co-bénéfices aux communautés urbaines, tel que la réduction des îlots de chaleur, l'amélioration de la biodiversité ou l'amélioration de la santé mentale et physique. Les outils d'aide à la planification basés sur des système d'information géographique (SIG) et sur l'analyse multicritère décisionnelle (AMCD) permettent d'intégrer une multitude de critères et données dans le processus de décision derrière le choix de l'emplacement des IBV. Ces outils ont le potentiel de contribuer à une planification plus stratégique des IBV en milieu urbain en maximisant les co-bénéfices possibles et en identifiant les meilleures opportunités d'implantation. Se baser sur un outil SIG-AMCD existant afin de l'adapter à un autre contexte urbain et climatique permet d'éviter de «réinventer la roue» et de se concentrer sur son développement. La pensée axée sur la valeur (Keeney et al., 1996) a été utilisée dans ce projet afin d'adapter le cadre d'un outil SIG-AMCD existant pour la planification des IBV au contexte québécois, nous offrant une base solide pour développer un outil pour le Québec.
Devant l’augmentation des précipitations liées aux changements climatiques et à la saturation des réseaux de conduites d’eau, les villes s’intéressent de plus en plus aux infrastructures vertes pour capter et filtrer les eaux pluviales. Les infrastructures vertes — définies comme un ensemble d’espaces naturels, semi-naturels et d’aménagements végétalisés fournissant de multiples bénéfices aux sociétés humaines — permettent la rétention, la filtration et l’infiltration des eaux pluviales, en plus de la réduction des îlots de chaleur et de nombreux bénéfices sociaux, sanitaires et économiques (p. ex., en augmentant la valeur foncière). Le caractère multifonctionnel des infrastructures vertes, souvent mis de l’avant par les municipalités, est en réalité un élément complexe à prendre en compte dans la planification, car c’est un objectif insaisissable. À cela s’ajoutent des défis de gouvernance comme la segmentation institutionnelle, la coordination des territoires et échelles d’intervention, ou le financement et le partage des responsabilités entre acteurs publics et privés, et citoyens, en plus des enjeux sociaux de distribution équitable, de participation citoyenne dans les choix et de possibles incidences négatives, comme la gentrification verte. Par conséquent, une diversité de savoirs et de pratiques sont impliqués, et leur coordination dans une planification stratégique et participative pose des défis, d’autant plus dans les structures municipales actuelles. Une planification stratégique des infrastructures vertes requiert une approche intersectorielle pour gérer plus efficacement les conflits et compromis, et pour conduire à des processus décisionnels plus équitables.
Titre du colloque :
Thème du colloque :