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Affronter l’androcentrisme des savoirs en classe d’histoire

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Marie-Hélène Brunet : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Marqueur d’identité personnel et social touchant à l’intime et à la sexualité, le genre anime les discussions sociétales actuelles tout en demeurant un sujet tabou et souvent difficile d’approche à l’école. Son étude en classe d’histoire vient brouiller les frontières des sphères publiques et privées et exige une réflexion en profondeur sur les rapports de domination créés et recréés à travers le temps. Si les enseignant∙e∙s sont en général très ouvert∙e∙s à intégrer des femmes à leurs cours et si les élèves démontrent aussi de l’intérêt, il semble plus difficile d’utiliser et de comprendre le genre comme catégorie d’analyse historique, c’est-à-dire d’étudier les constructions du masculin et du féminin dans le passé et leur hiérarchisation. L’enseignement-apprentissage de l’histoire, par sa fixation sur une périodisation et une chronologie peu remises en question, accorde généralement une faible place à l’étude du rôle actif des femmes dans la durée longue ; cette mise à l’écart est renforcée par le peu de recours, et souvent le peu d’accessibilité, à des sources variées et en particulier à celles émanant de l’expérience des femmes dans l’histoire. La participation à cette table ronde permettra de mieux baliser ces enjeux, leurs implications pratiques et quelques pistes pédagogiques.

Résumé du colloque

Les recherches en matière d’enseignement de l’histoire abondent et s’intéressent autant aux questions de fondements (incarnées par exemple dans des analyses des objectifs des programmes d’études) qu’aux questions d’application (matérialisées par des expérimentations, en classe, d’activités avec des jeux vidéos, par exemple). Il en ressort une vue parcellaire sur cet ensemble disparate.

En raison entre autres des rapports que l’enseignement de l’histoire entretient avec l’éducation à la citoyenneté depuis longtemps dans plusieurs juridictions, toutes ces questions de recherche entrent en relation avec les enjeux sociaux auxquels tous les humains d’aujourd’hui sont vraisemblablement confrontés à un degré ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre.

Ainsi, maintes opinions ont été débattues quant à la façon dont l’histoire scolaire traite (ou non) ou devrait traiter des identités de genre, des mémoires, du racisme (individuel, structurel ou systémique) envers les afro-descendants ou les membres des Premières Nations, des religions, du sexisme ou de la xénophobie envers les immigrants, pour citer quelques exemples.

Ce colloque vise à rassembler des chercheuses et des chercheurs dont les travaux se recoupent à l’occasion de la publication de trois ouvrages collectifs couvrant tous les secteurs de la recherche la plus récente au Québec en didactique des sciences sociales.

Le premier ouvrage regroupe des récits de pratiques mettant en œuvre des jeux vidéo pour aider les élèves à développer leur pensée critique envers les produits culturels profanes (par opposition à savants) traitant du passé.

Le deuxième s’intéresse aux objets difficiles, thèmes sensibles et enseignement des sciences humaines et sociales.

Le troisième brosse un portrait des recherches menées à propos de l’histoire scolaire au Québec et ailleurs.

Structuré selon des axes dont ces livres sont à l’origine, il prévoit aussi des moments d’échanges combinant des recherches qui ne se recoupent encore que trop partiellement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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