pen icon Colloque
quote

Buul Ma Riisu, un front contre les agressions sexuelles: Retour d'expériences de Dakar

AP

Membre a labase

Adama Pouye : Buul Ma Riisu

Résumé de la communication

Le Sénégal est un pays où les transports sont très usités. Avec une population de près de 17 millions d’habitants, la demande en termes de transport est élevée, notamment dans la région de Dakar qui concentre à elle seule plus de 3 millions d’habitants. Dakar abrite près de 24% de la population totale du pays, 50% de la population urbaine et 70% du parc automobile immatriculé sur une superficie qui équivaut à seulement 0,3 % du territoire national. »

Parmi cette fourchette de population dakaroise, 80% des déplacements motorisés sont assurés par les transports publics qui capitalisent 1,7 millions de déplacements par jour. Les bus en particulier, relativement insuffisants par rapport à la demande, supportent un nombre de passagers assez considérable qui favorise la promiscuité, les contacts indésirés, ce qui engendre de sérieux problèmes de sécurité pour les femmes qui peuvent être sujettes, lorsque les transports sont remplis à ras-bord, d’attouchements indésirés de la part d’autres passagers malintentionnés. Malheureusement ces actes récurrents ne sont pas considérés comme des agressions sexuelles par la plus grande partie de la population, la gravité est sous-estimée et les agresseurs quand ils sont démasqués en sortent souvent indemnes au détriment des victimes.

Comment de jeunes internautes de base se sont mises en ligne de front contre ce phénomène à Dakar et qu’ont-elles réussi à changer ?

Notre intervention revient sur la particularité et les actions du mouvement Buul Ma Riisu qui compte bien mettre un nom sur ce que constitue l’acte de frottement dans les transports : un crime.

Résumé du colloque

La notion de genre est devenue omniprésente dans la recherche sur le développement en Afrique (Treillet, 2008). Toutefois, la prégnance des partenaires internationaux dans ces recherches semble avoir affaibli son potentiel transformateur des relations de pouvoir inégalitaires dans les sociétés africaines (Parpart, 2014). En effet, le genre semble avoir été instrumentalisé pour pallier la résistance au concept de féminisme en Afrique. Or, cette résistance n’est pas synonyme d’un rejet de l’idéologie féministe entendue comme une critique des rapports sociaux de genre, mais comme une distanciation avec le féminisme en tant que « cadre universaliste de mobilisation » (Latourès, 2009, p. 144). De plus, ce refus provient de chercheur·se·s d’Afrique qui cherchent à s’approprier la lecture de leur propre réalité (Touré, 2002).

Sur le plan heuristique, il serait donc important de se demander à quelles réalités nous faisons référence quand nous parlons du genre en Afrique ? Quel est le sujet politique de la recherche sur le genre en Afrique ? Pouvons-nous affirmer que recherche féministe et recherche sur le genre sont interchangeables ?

Nous aimerions en débattre au regard des résistances que génère la question du féminisme en Afrique (Dieng, 2021). Il s’agira plus spécifiquement de poser la question des enjeux qu’une recherche sur le genre pose, notamment dans le processus de construction de la connaissance. Ces enjeux de plusieurs ordres se situent à l’intersection des inégalités de genre au sein du monde universitaire, la prégnance des agences de développement, mais aussi la division internationale du travail scientifique (Direnberger et Doubogan, 2022). S’agissant de la division internationale du travail scientifique, il serait intéressant d’interroger l’hégémonie des enjeux que constitue la non-interrogation d’un certain nombre de chercheur·se·s du Nord concernant les relations de pouvoir — rapports sociaux de race qui se juxtaposent aux rapports de genre — dans les espaces universitaires et les recherches sur le genre.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :