Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Bruno Poellhuber : Université de Montréal
Depuis quelques mois, la discussion autour de ChatGPT devient très prégnante partout en enseignement supérieur.Les étudiants ont été très rapides à se saisir du potentiel de l’outil, près de 20% d’entre eux rapportant l’avoir utilisé pour leurs travaux ou examens à l’automne 2022 aux Etats-Unis. La présence de tels outils d’IA de traitement du langage naturel pose des défis liés au plagiat et à l’intégrité académique. Plusieurs universités ont d’ailleurs déjà modifié leurs règlements ou encore adopté des politiques interdisant leur utilisation. Si certains ont développé des outils de détection du plagiat, les risques de plagiat peuvent être palliés par la modification de certaines pratiques en évaluation des apprentissages.
Par ailleurs, ce type d’outil d’IA est déjà adopté dans plusieurs secteurs d’activité. En enseignement supérieur, des pistes d’utilisation pédagogiques pertinentes émergent dans certaines disciplines. Cette présentation vise à expliquer le fonctionnement de ChatGPT et d'outils semblables, à montrer un portrait des principaux enjeux liés à son utilisation par les étudiants ou les enseignants, et enfin, à dégager des pistes pour s’assurer d’une utilisation éthique et pédagogiquement pertinente par les enseignants et les étudiants de disciplines variées. Un tel projet commence par une éducation à une littéracie spécifique de l’IA qui comporte non seulement la compréhension du phénomène, mais aussi des dimensions liées à son appropriation et à son utilisation.
Les innovations et développements technologiques récents, notamment ceux en intelligence artificielle, transforment en profondeur le monde du travail et de l’éducation. Au cours des dernières années, de nombreuses innovations numériques qui semblent très prometteuses pour l’apprentissage ont été conçues, notamment du côté de la création et de la fabrication numérique (fablab), de la réalité virtuelle, du jeu vidéo, et même de l’intelligence artificielle. Avec la COVID-19 et le passage obligé à la formation à distance (FAD), l’intégration du numérique en contexte éducatif (NCE) a connu un essor sans précédent. Mais le NCE et la FAD sont-ils toujours pertinents pour soutenir l’apprentissage et l’enseignement? Quels sont les usages appropriés et les conditions favorables qui justifient les usages? Depuis près de 25 ans, un débat fait rage entre les promoteurs du NCE (Kulik et Kulik), que certains qualifient de technophiles, et leurs détracteurs (Russell, 1999; Clarke). Ainsi, en l’absence de preuves empiriques claires, certains s’élèvent contre le NCE. Ces deux pôles illustrent donc le besoin de comprendre les enjeux liés au NCE afin d’en déterminer les possibilités d’usage et les limites qui justifient leur non-usage. De fait, il semble important de considérer le besoin de formation ou la compétence à utiliser les multiples outils numériques adéquatement pour les apprentissages (Educause, 2021, 2022). Hamilton et Hattie (2021) soulignent que la réflexion sur l’usage du NCE doit d’abord être justifiée sur le plan pédagogique. En outre, plusieurs questionnements demeurent quant aux conditions d’efficacité de la NCE, tant pour l’apprentissage (motivation, réussite, etc.) que pour l’enseignement (pratiques pédagogiques, compétences professionnelles, etc.). Considérant tous les usages possibles du NCE, ce colloque vise à en faire l’analyse sous un angle réflexif et critique, pour mieux comprendre les enjeux actuels et les perspectives, selon les ordres scolaires.
Titre du colloque :
Thème du colloque :