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Agnès Tutin : Université Grenoble Alpes
Cette proposition de communication porte sur le codage de la variation des phrases préfabriquées des interactions, des phrases « toutes faites » fréquentes dans les échanges oraux ou écrits comme Et puis quoi encore : C’est une blague ? Tu plaisantes ? Comment dirais-je ? Nous nous intéresserons plus spécifiquement à la variation de ces éléments phraséologiques, et en particulier aux dimensions suivantes :
Nous réfléchirons au codage de ces phénomènes à travers un ensemble d’exemples issus du champ sémantique de la surprise et de l’incrédulité (Tu plaisantes ? Ce n’est pas possible ! J’hallucine) extraits de corpus oraux (en particulier le corpus oral CEFC-ORFEO) et écrits (tweets, corpus romanesques).
Pausé, M. S., Tutin, A. (2022). Some Insights on a Typology of French Interactional Prefabricated Formulas in Spoken Corpora. International Conference on Computational and Corpus-Based Phraseology (190-205). Springer, Cham.
Les phraséologismes (aussi appelés unités phraséologiques ou phrasèmes) sont des séquences :
– polylexicales, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’au moins deux unités utilisées, avec une certaine récurrence, en contiguïté ou à proximité dans les textes (p. ex. au Québec, coûter une beurrée, en France et en Suisse, coûter bonbon, en Belgique, coûter un os; Lamiroy et al., 2010, p. 33-34);
– préfabriquées d’un point de vue cognitif. Il y a mémorisation « connectée » des unités figurant dans leur signifiant;
– contraintes sur le plan paradigmatique. Les unités en présence ne commutent pas librement avec d’autres unités de sens proche (p. ex. : *coûter une tranche). D’autres contraintes peuvent s’ajouter, notamment d’ordre syntaxique (p. ex. : impossibilité de passiver, d’introduire une négation) et pragmatique (p. ex. : l’affiche apportez votre vin sera placée bien en vue à l’entrée d’un restaurant au Québec).
La vaste classe des phraséologismes n’est pas unifiée. À titre indicatif, Iordanskaja et Mel’čuk (2017) proposent une typologie des phrasèmes qui compte, à son extrémité inférieure, 10 sous-classes aux propriétés sémantico-pragmatiques clairement délimitées (cf. locutions fortes, semi-locutions, locutions faibles, collocations standard, collocations non standard, nominèmes, pseudo-nominèmes, termèmes, formulèmes, sentencèmes).
Le colloque est l’occasion de réfléchir aux phraséologismes, dans toute leur complexité, en établissant un lien explicite avec la problématique de la variation, de l’innovation et du changement linguistique – en français ou dans une autre langue. Cette problématique, centrale dans les annales linguistiques depuis plusieurs décennies, est demeurée dans le champ de vision périphérique des phraséologues – du moins des phraséologues spécialistes du français – à l’exception de quelques cas notables (p. ex. : Lamiroy et al., 2010 et Lamiroy, 2020 sur les expressions verbales de la francophonie; voir aussi Cahiers de lexicologie, no 116, 2020).
Titre du colloque :