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Genevieve Mercille : Université de Montréal
L’insécurité alimentaire (IA) est une problématique de santé publique persistante au Québec. Les populations vulnérables à l’IA utilisent des stratégies d'adaptation complexes pour acquérir des aliments, qui dépendent des contraintes physiques et de l’environnement social, et impliquant souvent l’utilisation de canaux au-delà des commerces alimentaires. Cette étude vise à comprendre la complexité des pratiques alimentaires de populations situées dans les zones extrêmes de défavorisation pendant la pandémie. Quatre-cent-soixante-sept adultes à faible revenu, recrutés dans 4 voisinages défavorisés mais contrastés en termes d’environnements alimentaires à Montréal, ont répondu à une enquête téléphonique en 2021. Les données sur les types de commerces fréquentés, la fréquence de magasinage, le transport, la distance au commerce principal, l’utilisation de l’aide alimentaire et de ressources alimentaires alternatives ont permis de classer les participants dans 4 profils distincts d’acquisition des aliments à l’aide d’analyses 2-steps clusters. Ces profils mettent en lumière l’existence d’un gradient, où des sous-groupes maximisent l’utilisation des ressources pour maintenir la meilleure qualité d’alimentation possible, alors que d’autres sont encore plus vulnérables. Les interventions communautaires, même en apparence simples et accessibles peuvent exacerber les inégalités sociales de l’alimentation, si celles-ci ne prennent pas en compte les besoins des sous-groupes.
L’aménagement des villes peut jouer un rôle majeur sur la santé et l’équité. Les transformations sur le cadre bâti urbain, comme l’installation de pistes cyclables, la modification de voies en rues piétonnes, les investissements en transport collectif et le verdissement ont le potentiel d’atténuer les répercussions des changements climatiques, d’améliorer la santé et la qualité de vie des résidentes et des résidents, et de soutenir la résilience communautaire.
Historiquement, les investissements urbains ont principalement eu lieu dans les quartiers aisés, laissant les quartiers moins nantis avec un double désavantage. À Montréal par exemple, la différence d’espérance de vie de neuf ans observée entre les quartiers est en partie associée à des différences dans les environnements urbains : espaces verts, infrastructures de transport actif, offre commerciale ou îlots de chaleur — les ressources porteuses de santé ne sont pas distribuées de manière équitable.
Mais dans un contexte de ville en constante évolution, les politiques et investissements qui ciblent en partie l’équité pourraient changer la donne. Alors que les villes transforment l’espace urbain, le potentiel d’amélioration des contextes de vie est au cœur des réflexions, et les retombées sur le plan du capital social, de la qualité de vie et de la santé représentent une promesse importante. Mais les effets inattendus comme la gentrification sont aussi observés, et l’observation de ces transformations et la compréhension de leurs incidences reste très partielle. En d’autres termes, de nombreuses questions demeurent.
Ce colloque propose de se pencher sur ces transformations de la ville, en explorant comment la question d’équité est posée dans le développement de politiques publiques visant les environnements et l’équité, quels changements sont observés sur le territoire et si ces transformations contribuent réellement à l’équité dans les environnements urbains.
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