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Daniel Stoecklin : Université de Genève
En affirmant que la construction sociale de l’enfance résulte de préférences culturelles qui naturalisent et reproduisent les points de vue des acteurs placés en position dominante, la sociologie de l’enfance a contribué à extirper l’enfance de l’hégémonie historique des sciences du psychisme (James & Prout, 1998). A cette émancipation disciplinaire succède aujourd’hui une reconnaissance mutuelle mais qui demeure superficielle. Nous proposons dès lors de retourner aux fondements épistémologiques de l’expertise (inter)disciplinaire de l’enfance en éclairant les liens qui sont faits ou omis entre l’influence du social sur le psychisme, et réciproquement, dans les manières d’envisager le rapport entre réalité objective et construction sociale (Loriol, 2012). A partir de l’observation d’enfants institutionnalisés au Brésil, nous éclairons la mise en oeuvre des droits de l’enfant comme une construction sociale à la jonction de l’ordre normatif de la Convention relative aux droits de l’enfant et de l’ordre interactionnel effectivement observé dans les centres brésiliens d’hébergement pour les enfants en situations de rue. Les modes d’action qui médiatisent la mise en oeuvre des droits de l’enfant reposent sur des horizons transactionnels (Stoecklin, 2021), une notion contribuant à la découverte de l’interface entre le psychologique et le social, au tournant ontologique dans les « childhood studies » (Spyrou, 2019) et plus largement au dialogue interdisciplinaire.
Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.
Les dernières décennies ont été marquées par un essor des recherches sur l’enfance. Tandis qu’elle a longtemps constitué le territoire réservé de la pédiatrie et des sciences du psychisme, en particulier de la psychologie, l’enfance est désormais investie par une diversité de disciplines scientifiques, multipliant les angles épistémologiques, méthodologiques et analytiques à travers lesquelles elle est saisie.
Ce colloque part de l’idée que la manière d’aborder le développement de l’enfant, mais aussi les processus de socialisation, la cognition, l’éducation, l’anormalité, etc., divergent considérablement selon les lunettes disciplinaires que l’on adopte. Fort de ce constat, il vise à saisir l’enfance comme un territoire d’expertises concurrentes, sinon hiérarchisées, nous invitant à interroger ou réinterroger les normes qui président à son éducation, sa prise en charge, son accompagnement, sa protection, etc.
Afin de saisir les disputes indissociablement savantes et normatives qui entourent l’enfance, nous cherchons à faire dialoguer une diversité de travaux empiriques et théoriques, menés à partir de perspectives disciplinaires et méthodologiques variées. Les communications pourront suivre l’un ou plusieurs des trois axes thématiques suivants :
1. Les experts autorisés de l’enfance. Cet axe vise à interroger le champ de l’enfance à l’aune de l’évolution des savoirs qui l’entourent, et du rôle hégémonique qu’occupent historiquement les sciences du psychisme, et plus récemment du cerveau, dans sa saisie et dans les modalités d’interventions qui en découlent.
2. Quel « social » pour l’enfance ? Cet axe pose la question de l’intérêt des sciences sociales (sociologie, anthropologie, histoire, géographie, etc.) pour (re)penser l’enfance, en lien ou en concurrence avec les sciences du psychisme, et pour saisir autrement l’influence du « social » dans la connaissance et la prise en charge de l’enfance.
3. L’enfance saisie par l’expérience. Cet axe examine le rôle que peuvent jouer les savoirs expérientiels, des parents et des enfants eux-mêmes, pour comprendre l’enfance et réexaminer les contours de sa prise en charge.
L’objectif de la journée est de réfléchir à l’enfance au carrefour des tensions paradigmatiques qui orientent la manière dont cet âge de la vie est observé, analysé et in fine gouverné. Nous souhaitons réunir des acteurs de disciplines et d’horizons diversifiés pour :
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Thème du colloque :