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De l’institutionnalisation des sciences citoyennes et de leurs données en situation de controverses socio-environnementales

MC

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Maryse Carmes : Conservatoire national des arts et métiers

Résumé de la communication

Depuis longtemps déjà, les initiatives autonomes de collectifs de citoyens ont montré leur fécondité, notamment en lien avec les mouvements pluriels des sciences citoyennes. Elles présentent une diversité de configurations, du point de vue des coopérations avec l’acteur public et le secteur scientifique et du niveau d’engagement des habitants. Mais elles se différencient aussi selon leurs dispositifs, les pratiques participatives mobilisées et leurs finalités. Les métrologies citoyennes et les dimensions sociocognitives qui les caractérisent constituent un point d’observation spécifique de la reconfiguration des relations entre les acteurs.

Prenant appui sur une diversité de dispositifs techniques, la mesure de nos milieux, les données qui en découlent et leurs dispositifs de diffusion, constitue à la fois une inscription de connaissance, un acte politique et une ressource pour l’action. Il s’agit d’examiner ces initiatives à l’aune de controverses socio-environnementales, de leurs trajectoires et de l’évolution des agencements sociopolitiques au sein desquels se déploient de nouveaux rapports de forces. Prenant appui sur une enquête menée sur plusieurs dispositifs de sciences citoyennes mis en œuvre en France entre 2018 et 2022, on montrera la fécondité de cette conjonction entre études des controverses et études des métrologies citoyennes pour enrichir les grilles d’intelligibilité des mouvements en cours faisant face aux urgences environnementales.

Résumé du colloque

Les défis contemporains de gouvernance qui affligent les États-nations, dont les crises sanitaire et climatique, requièrent des gouvernements qu’ils interviennent rapidement et efficacement sur leur territoire, afin d’éviter d’irrémédiables catastrophes humaines, économiques, sociales et écologiques. En plus d’interpeller l’ensemble des paliers de gouvernements et de nécessiter la participation de nombreuses parties prenantes et d’acteurs de la société civile, ces wicked problems (Bradford, 2005) surviennent alors que s’opèrent d’importantes transformations dans les politiques et les pratiques de gestion des États centraux et subnationaux.

Les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Si certains auteurs font état d’une véritable ère de réforme post-NMP, une récente analyse documentaire démontre que le concept serait possiblement en voie d’être institutionnalisé. Toutefois, deux conceptions du post-NMP prévalent : celle de l’État pilote de la nouvelle gouvernance publique, et celle de l’« État fort » (Reiter et Klenk, 2019). De nombreuses transformations globales et sectorielles sont donc en cours.

Cependant, la manière dont ces nouvelles politiques et pratiques de gestion favorisent la création d’innovations qui contribuent à surmonter les différentes crises contemporaines de gestion publique reste à déterminer et soulève plusieurs questions. Les innovations sociales et environnementales à travers les territoires sont-elles une réaffirmation de l’État? Au contraire, ces innovations ne témoignent-elles pas d’un évitement de l’État central? Comment l’adoption de certaines approches d’intervention innovantes ou le déploiement des nouveaux outils de gestion et de prise de décision peuvent-ils contribuer à surmonter ces défis ou, au contraire, peuvent-ils constituer une menace à la sauvegarde de l’intérêt public?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Annie Ferlatte
section icon Date : 9 mai 2023

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