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Elisanne Pellerin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les méthodes et savoirs utilisés en solidarité internationales par l’Occident ont été trop longtemps reconnus comme étant les seuls valides, ce qui a eu pour cause d’invalider les méthodes novatrices apportées par les acteurs locauX. La présente communication propose d’expliquer les différents concepts en lien avec les injustices, les violences épistémiques et les injustices structurelles et de faire le lien entre ces concepts et la solidarité internationale. Nous croyons nécessaire de reconnaitre les injustices pour pouvoir les corriger. Nous proposons de montrer que la décolonisation des savoirs et de la monoculture de la solidarité internationale passent par la reconnaissance des agents connaisseurs des Suds et de leur expertise dans leurs propres pays. Il faut revoir la conception de la solidarité internationale pour accorder une crédibilité aux alternatives locales et comprendre les dangers d’une conception universelle et mondiale imposée aux suds (Santos 2007). La nouvelle solidarité internationale doit également inévitablement se faire par la reconnaissance de transmission des savoirs qui est bilatérale et non seulement unilatérale entre les Nords et les Suds. C’est finalement par une reconstruction des structures profondes de l’épistémologie que se trouve, selon nous, l’avenir de la solidarité internationale, beaucoup plus à l’écoute des propositions et du savoir-faire non occidental.
Les acteurs de la solidarité internationale (SI) sont de plus en plus confrontés à une vision qui perpétue les inégalités où l’on trouve d’une part des apporteurs de l’aide, issus des puissances du Nord, et d’autre part des bénéficiaires de l’aide, issus du Sud, qui expriment une volonté croissante d’autonomie dans la gestion des actions qui concernent leur population. Depuis l’adoption par l’ONU 2015, la SI est appelée à s’arrimer avec les 17 objectifs de développement durable (ODD) visant l’amélioration des conditions de vie dans une perspective de maintien des écosystèmes pour soutenir l’ensemble de la diversité. Les moyens pour y parvenir relèvent de la valorisation des savoirs des peuples du Sud pour leur redonner le pouvoir sur leur développement et ainsi décoloniser les pratiques de la SI pour plus de coopération respectueuse. Ces moyens ont été renouvelés spécifiquement au milieu humanitaire dans le cadre du Sommet 2016 par l’entremise de la promotion officielle de la localisation de l’aide. L’ampleur de la crise sanitaire de COVID a entraîné un repli du Nord mais aussi des acteurs de la SI et a mis en lumière la capacité des organismes locaux d’agir autrement. Cette situation inattendue encourage à soutenir des projets qui favorisent l’autonomisation et pour lesquels la présence des coopérants et d’acteurs de la SI du Nord ne s’effectue plus dans les mêmes conditions qu’avant la crise. Ces pratiques issues des pays bénéficiaires questionnent la place et le rôle des acteurs internationaux, en ouvrant de nouvelles voies d’action possibles en dehors du système traditionnel. Notre colloque se veut un espace qui souscrit à engager un dialogue appelant à la coconstruction des connaissances pour adopter une posture réflexive critique participant ainsi à la diffusion des variétés de visions du monde et de pratiques liées sous l’optique d’un monde socialement juste, qui implique la décolonisation de la SO et le soutien vers plus d’autonomie des acteurs issus du Sud.
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