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Du pétrole découvert dans les pesticides : une révolution toxicologique

GS

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Gilles-Eric Seralini : Université de Caen-Normandie

Résumé de la communication

Les études toxicologiques sur les pesticides se concentrent en grande partie sur l'ingrédient actif déclaré, qui ne constitue qu’une minorité de la formulation totale. Les compositions complètes ne sont pas révélées à la science. Pour chaque principe actif, il existe des dizaines voire des centaines de formulations. Nous démontrons que le pétrole a toujours été, et est toujours dans les pesticides. La chromatographie en phase gazeuse et la spectrométrie de masse ont été appliquées pour 24 pesticides. Les composés mesurés sont les 16 hydrocarbures aromatiques polycycliques du pétrole. Ils sont jusqu’à 8288 fois plus toxiques que les produits déclarés. La dose journalière admissible (DJA) ne tient pas compte de cela. Ces résidus pétroliers semblent être des déchets, et provenir majoritairement de matières brutes non brûlées. Le mélange de HAP dans les pesticides peut être hautement cancérigène ou toxique à long terme, plus encore que la matière active déclarée elle-même. L’impact global, écologique et épigénétique des pesticides est ainsi mieux compris, car ils sont faits de pétrole depuis longtemps, et surtout depuis la deuxième guerre mondiale dans les milieux agricoles. Face à ce constat, il est légitime de réévaluer la toxicologie des pesticides et d'en diminuer fortement l'usage. Une étude internationale de santé publique serait pertinente sur ce problème, et pourrait être menée au niveau international.

Résumé du colloque

Au moment où notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète nous presse de réduire notre empreinte écologique, énergétique, agroalimentaire et hydrique, l’actuel modèle de développement sociotechnique, marqué par une concentration inégalée des industries, un abyssal élargissement des écarts et une menaçante dilapidation des ressources, vit une crise profonde. Ainsi, même les systèmes agro-industriels, censés nourrir le monde, contribuent paradoxalement, par leur intensification, à 30 % des émissions de gaz à effet de serre et à l’effondrement de la biodiversité. Sur le plan énergétique, les choix de filières et leur intégration dans des plans globaux, limitant l’accélération des dérèglements climatiques, souffre de sérieux problèmes de retards et de cohérence dont pâtissent tous les secteurs d’activité, notamment les transports et l’habitat. Piégés, nous flirtons ainsi d’un côté avec les menaçantes limites planétaires et leurs périlleux points de bascule, et nous sommes happés, de l’autre, par des conflits armés aux redoutables flambées de coûts énergétiques et alimentaires, voire de pénuries. Comment alors pourrions-nous ignorer d’examiner ensemble les enjeux, les stratégies et les horizons de transitions énergétiques et agroalimentaires ? D’une ampleur inégalée, ces changements structurels toucheront l’ensemble des sociétés et de leur fonctionnement, nécessitant d’importants recadrages des paradigmes à l’œuvre et de solides mesures d’adaptation. Or, la gamme des objectifs et des voies divergentes proposées (frugalité volontaire et modes de vie alternatifs, recours technologiques accrus), voire parfois imposées (politiques incitatives ou « punitives » de réduction de la consommation), mérite d’être examinée, en ce qui touche la sécurité alimentaire et énergétique, les conditions de vie et de santé viables et de vitalité des écosystèmes, des milieux urbains et ruraux, tout en étant contextualisée dans une perspective d’espoir et de bien commun.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 9 mai 2023

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