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Mario Gil : UQAM - Université du Québec à Montréal
La recherche explore des expériences d’organisation communautaire rurale, en tant qu’alternatives à des grands projets d’extraction minière (en Colombie) et à l’agro-industrie (au Québec et en Colombie). La recherche montre l’existence d’enjeux communs pour les populations rurales comme l’accès à la terre, l’exode rural et des limites au développement de l’agriculture à petite échelle et biologique par la régulation. Les organisations rurales permettent de développer des liens de solidarité dans les communautés, à la base du développement de projets permettant d’avoir des revenus alternatifs aux personnes des classes populaires, notamment aux femmes. Les organisations permettent d’accéder à des savoirs techniques et à des technologies plus respectueuses avec la terre et les écosystèmes. Elles aident à accéder à des marchés locaux et s’inscrivent dans une logique d’agriculture à proximité, de défense du territoire, de souveraineté alimentaire et de respect des valeurs et de la culture des communautés rurales, s’agissant d’offrir des aliments frais, sains, de bonne qualité pour les communautés, ce qui permet de renforcer les liens communautaires et d’assurer que les processus de production et de commercialisation soient respectueux avec la nature et apportent des revenus pour la communauté. L’existence d’organisations rurales a aussi permis une majeure résilience de la part des communautés rurales à la pandémie de la COVID-19, leur permettant de mieux résister à la crise.
L’extractivisme s’intensifie et se multiplie sous diverses formes partout sur la planète (Parks, 2021). Au Sud comme au Nord, attirer des capitaux pour les activités extractivistes est désormais au centre des plans de développement économique (Asselin, 2011; Beaucage, 2018) ou de relance économique visant à sortir de la crise profonde mise en évidence par la pandémie de Covid-19 (Dressler, 2021).
Le colloque veut analyser de manière critique les dynamiques de l’extractivisme et rendre visibles les alternatives à ce modèle, comme celles liées à une cosmovision ou ontologie politique (Escobar, 2012) fondées sur des relations harmonieuses entre humains et non humains. Diverses voix critiques s’expriment en faveur d’une sortie de l’extractivisme (postextractivisme) et d’autres conceptions du vivre-ensemble, et promeuvent des stratégies locales et transnationales de résistance contre les projets extractifs (Magaña, 2020; Roca et Perdomo, 2020; Svampa, 2019).
Le colloque se propose de faire un retour sur la notion d’origine de l’extractivisme, depuis les travaux pionniers des Sud-Américains Gudynas (2009), Svampa (2013) et Acosta (2013), pour en explorer de nouveaux sens et usages, comme l’extractivisme ontologique et épistémique (Grosfoguel, 2016). Chagnon et al. (2022) considèrent l’extractivisme comme concept englobant pour comprendre les processus découlant de l’accumulation contemporaine du capital à l’échelle globale et qui organise la vie humaine et non humaine en la conditionnant. Dans ce sens, en s’inspirant des travaux de Preston (2017) sur les travailleurs migrants temporaires, de Morris (2019; 2020) sur les réfugiés et de Wichterich (2020) sur les travailleuses du soin, le colloque souhaite réfléchir à l’application du concept d’extractivisme à des processus impliquant des « ressources humaines ». À cette fin, le colloque propose de penser l’extractivisme non plus au singulier mais au pluriel (« les extractivismes ») afin de rendre possible une multitude de perspectives autour du concept.
Objectifs du colloque
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