Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Claude Quevillon Lacasse : UQAM - Université du Québec à Montréal
Développer une compétence à écrire dans plus d’une langue est devenu nécessaire dans le contexte actuel de mondialisation conjugué à l’ère du numérique. Pour les élèves du secteur secondaire anglophone au Québec, il est impératif d’apprendre à écrire à la fois en anglais langue d’enseignement (ALE) et en français langue seconde (FLS) (Lappin-Fortin, 2014). Les habiletés syntaxiques à l’écrit, qui soutiennent la construction de phrases, sont au cœur de la compétence à écrire (Crossley, 2020; De Clercq et Housen, 2019), à la fois en anglais et en français. Cependant, l’enseignement de la compétence à écrire diffère considérablement entre classes d’ALE et de FLS, et les élèves ne semblent pas tirer profit des transferts positifs possibles entre les deux langues qu’ils apprennent à l’école. Pour améliorer les habiletés syntaxiques à l’écrit des élèves en anglais et en français, un dispositif d’enseignement de la syntaxe prometteur, la combinaison de phrases libre (Saddler, 2019), a été adapté de façon à amener les élèves à réfléchir aux transferts syntaxiques possibles entre les deux langues. Proposé de façon alternée en classe d’ALE et de FLS, le dispositif désormais interlinguistique (Ballinger et al., 2020) a fait l’objet d’un devis de recherche quasi-expérimentale sur une durée de trois mois auprès d’élèves de 3e secondaire. Le dispositif ainsi que les effets de l’intervention sur les habiletés syntaxiques à l’écrit en anglais et en français des élèves seront présentés.
Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’un « tournant plurilingue » mondial dans différents champs de recherche (May, 2014). En éducation et en didactique des langues, ce tournant se traduit par un intérêt porté au développement d’une multicompétence langagière (Cook et Wei, 2016), ou compétence plurilingue (CECR, 2001), où l’accent est mis sur l’intégration et l’utilisation fluide et dynamique des ressources du répertoire des apprenant·es selon les besoins de communication. À cet effet, des approches pédagogiques plurilingues retiennent de plus en plus l’attention des chercheur·ses.
Les approches plurilingues peuvent par exemple inclure des activités d’éveil aux langues, qui impliquent la mise en contact avec différentes langues pour favoriser une ouverture à la diversité linguistique et les comparaisons métalinguistiques entre les langues. Ces approches englobent aussi la didactique intégrée des langues qui, par un décloisonnement des différentes langues de l’école (au Québec, l’anglais et le français), a pour but de favoriser les apprentissages langagiers. Dans la même veine, dans les pédagogies de translanguaging, qui visent à créer des espaces d’apprentissage signifiants, les apprenant·es sont encouragés à mobiliser leurs ressources langagières et soutenus dans ce processus. L’utilisation de la littérature de jeunesse et la production de textes bi/plurilingues, entre autres, constituent des pistes intéressantes pour mettre de l’avant ces approches.
Dans les milieux éducatifs, la mise en place de ces approches est modulée par les contextes sociolinguistiques (milieux pluriethniques, francophones minoritaires, anglophones québécois, etc.). Par ailleurs, l’adhésion des acteur·trices scolaires à ces approches est susceptible de dépendre de leurs représentations du plurilinguisme. Ce colloque constitue donc l’occasion d’explorer, selon des regards croisés, ces différentes questions.
Titre du colloque :
Thème du colloque :