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Marie-Laure Rulleau : UQO - Université du Québec en Outaouais
L’objectif de cette étude est de documenter si le sentiment d’appartenance à l’école constitue un médiateur dans la relation entre les écarts de valeurs famille immigrante-école et l’engagement scolaire (affectif, cognitif, comportemental) des élèves et de déterminer si certains types d’écarts de valeurs (ex. religion) sont associés à l’engagement scolaire et au sentiment d’appartenance. Cette étude s’appuyant sur un devis transversal a été réalisée auprès de 1 598 élèves du secondaire (57 % = filles), provenant de huit écoles québécoises (Montréal = 5) ayant complété un questionnaire en ligne (2017-2018). Les résultats des analyses de régression multiples et de médiation (SPSS, PROCESS) suggèrent que le sentiment d’appartenance joue un rôle médiateur dans la relation entre les écarts de valeur et l’engagement scolaire (dimension comportementale uniquement) et que certains types d’écarts sont significativement associés au sentiment d’appartenance (méthodes pédagogiques, conception d’une vie réussie) alors que d’autres étaient associés à l’engagement affectif (différences hommes-femmes).
Le jeune qui quitte l’école sans diplôme contracte une lourde hypothèque personnelle à l’âge adulte : il recourt davantage à l’aide sociale, rencontre plus de difficultés avec la justice, a plus de problèmes de santé, éprouve plus de difficultés à obtenir un emploi et, le cas échéant, est moins bien rémunéré (Dupéré et al., 2019). En raison des lourds impacts de la non-diplomation et des difficultés scolaires, promouvoir la réussite éducative est l’un des principaux leviers pour réduire les iniquités sociales, économiques et de santé (OCDE, 2020). La réussite éducative s’apprécie avec le développement du plein potentiel des jeunes dans différentes sphères de vie : intellectuelle, cognitive, affective, sociale et physique (MEES, 2017). Au-delà des notes et de la diplomation, elle englobe plusieurs dimensions du développement, dont l’engagement scolaire et le bien-être physique et psychologique (p. ex., activité physique, satisfaction/stress). Plusieurs des facteurs qui contribuent à la réussite éducative relèvent de l’école, notamment de son climat, de ses pratiques et de celles de ses partenaires (p. ex., communautaires). Ce rôle clé joué par l’école et ses alliés ainsi que les pratiques qu’ils implantent pour soutenir la réussite de tous les jeunes demeurent toutefois mal compris, notamment lorsqu’il est question des jeunes en situation de vulnérabilité ou marginalisés en contexte scolaire. Ces jeunes, qu’ils soient issus de l’immigration, de milieux défavorisés, présentant des problèmes d’adaptation ou de santé mentale sont pourtant ceux qui pourraient bénéficier le plus d’une amélioration de l’offre éducative. La recherche à ce niveau demeure toutefois assez limitée. Sachant que certaines écoles parviennent à offrir une réponse plus adaptée aux besoins de tous leurs élèves (Hattie, 2009), mieux comprendre les facteurs qui contribuent à rendre l’école plus efficace et cibler les pratiques pouvant être implantées en ce sens devient une priorité.
Ce colloque porte un regard sur les facteurs et pratiques qui jouent un rôle sur différentes sphères de la réussite éducative des élèves (p. ex., cognitive, affective, sociale, psychologique). Les communications proposées examineront : 1) l’effet de l’école et de ses partenaires sur la réussite éducative des jeunes en situation de précarité, marginalisés ou en situation de vulnérabilité; 2) l’implantation et les effets de pratiques novatrices visant à promouvoir la réussite éducative de ces mêmes élèves. De façon transversale, ce colloque permet de réfléchir à des solutions adaptées aux préoccupations actuelles dans le but d’éclairer les prises de décisions vers l’implantation de pratiques plus équitables et inclusives favorisant la réussite de tous les élèves. Ce colloque offre également l’occasion à la relève scientifique (étudiant·e· de 2e et de 3e cycles et chercheur·se·s postdoctoral·e·s) d’acquérir une expérience structurante en mobilisation et en diffusion des connaissances.
Thème du colloque :