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Fatima Ez-Zahra Benkhallouq : Université Cadi Ayyad
L’effort de généralisation de l’enseignement à distance (EAD), en temps de crise de la covid 19, a pu garantir l’accès à un nombre non négligeable d’apprenant.es. Cependant, la disruption a induit de réels bouleversements. La crise a, en outre, dévoilé des vulnérabilités et des inégalités, certes connues, mais que la crise a autrement cristallisées et renforcées. En effet, dans un contexte universitaire marqué par la massification, la vulnérabilité et le décrochage - plus de 50% des étudiant.es de l’Université Cadi Ayyad (UCA) sont issu.es de milieux ruraux ou péri-urbains- ces inégalités deviennent un facteur supplémentaire de l’accroissement des taux d’abandon ou d’échec des étudiant.es en situation de vulnérabilité. Cette étude approfondit les conclusions en utilisant les outils de l’analyse du genre pour mettre la lumière sur les impacts ‘genrés’ de l’EAD à l’UCA. Cette deuxième enquête pointe le vécu et le ressenti de la population pendant la crise sanitaire. Les résultats de l’étude par le prisme du genre sont alarmants : Si 1 sur 2 étudiant.es interviewées atteste avoir développé une forme de dépendance pendant le confinement, l’impact sur les étudiantes semble avoir été bien plus sérieux: 70% des étudiantes affirment que leurs charges de travail domestique ont augmenté, avec des répercussions notables sur leur vie personnelle et leur engagement académique. 1 sur 2 étudiantes ont vécu cette période sous le signe d’angoisse et d’obsession.
Dans le cadre du congrès de l’Acfas, la revue Genre Éducation Formation et le GT13 « Éducation et diversité » de l’AISLF, associé au RIED (Réseau international éducation et diversité), organisent un colloque transatlantique, qui propose de traiter la question du genre en éducation.
« On ne naît pas femme, on le devient » : l’importance de la question du genre en éducation est au cœur de la citation féministe la plus célèbre du monde francophone. À partir du moment où il est affirmé qu’aucune nature, qu’aucune biologie, qu’aucun destin préécrit ne permet d’expliquer (et de justifier) le monde social, à l’instant où on admet que « l’intervention d’autrui dans la vie de l’enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée » (de Beauvoir, 1949, p. 286), alors la question du genre en éducation et en formation devient centrale pour comprendre l’organisation sexuée de la société.
Comme l’ont souligné les auteures féministes des années 1970-1980, la sociologie française de l’éducation des années 1960-1970 s’est essentiellement préoccupée des inégalités de classes, reportant la « variable sexe » à un niveau secondaire. Après le texte pionnier de Liliane Kandel (1975), qui pointait le fait que le système éducatif français – malgré les principes d’égalité qui l’animent – discrimine les filles et les femmes, des ouvrages fondateurs de ce champ paraissent dans les années 1990. Nicole Mosconi (1989) interroge les effets de la mixité scolaire et crée peu à peu le concept de « rapport sociosexué au savoir » : si tous les individus ont le droit d’acquérir tous les types de savoirs, dans les faits, certains savoirs sont considérés comme tabous ou infamants, naturels ou transgressifs selon sa classe sociale et sa catégorie de sexe. De son côté, Marie Duru-Bellat (1990) rend compte de la façon dont l’école prépare les filles et les garçons à des rôles sociaux distincts. In fine, que l’on parle de didactique ou de pédagogie, qu’on l’aborde de manière transversale ou disciplinaire, qu’il s’agisse d’éducation des enfants ou de formation des adultes, que l’on se situe dans des institutions de formation ou dans des contextes non formels, il s’agit toujours de venir à bout de la hiérarchie inhérente au genre, soit en formant les individus de manière égalitaire, soit en débarrassant l’éducation des inégalités qui la traversent.
Nous vous proposons quatre thématiques :
Ce colloque est ouvert aux chercheur·ses de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales en lien avec l’éducation. Dans le but d’avoir un dialogue transatlantique, nous nous efforçons d’équilibrer les pays communicants. La jeune recherche est bienvenue.
Titre du colloque :