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Catherine Mercier : Groupe ProConseil
D’importants gains environnementaux ont pu être faits au Québec grâce aux subventions disponibles pour rémunérer les intervenants en agroenvironnement (agronomes, techniciens, chargés de projet) et aux programmes de financement pour l’adoption et le maintien de bonnes pratiques. Cette gestion de fonds disponibles a beaucoup évolué au cours des dernières décennies, dans une perspective d’optimisation des ressources. Ce financement est aujourd’hui très encadré et comporte plusieurs limites qui peuvent être contraignantes pour les agriculteurs et les acteurs du milieu. De plus, il y a parfois un manque de coordination entre les différents programmes d’aide. Au-delà des annonces gouvernementales et des objectifs précis (nombre d’arbres plantés, nombre d’hectares avec des cultures de couverture, etc.), est-ce que les investissements atteignent vraiment leur cible ? Est-ce que les programmes pan-québécois permettent de répondre aux besoins spécifiques des différentes régions ? Afin d’offrir une perspective de terrain de ces questions, des exemples d’adoption de pratiques et de freins rencontrés avec des producteurs agricoles, principalement de la Montérégie, seront discutés.
Le Plan d’agriculture durable 2020-2030 du Québec (PAD) propose des cibles ambitieuses de réduction des pesticides de synthèse, de santé des sols, de gestion de la fertilisation et de biodiversité en milieu agricole. Pour atteindre ces cibles, il est incontournable d’avoir une connaissance approfondie des facteurs macroéconomiques, sociologiques et de politiques publiques qui influencent les prises de décisions, les choix de pratiques et de technologies à la ferme. Il faut également avoir une analyse fine des conséquences de l’atteinte des objectifs du PAD sur les secteurs agricoles et sur la société en général.
Organisé par le Réseau québécois de recherche en agriculture durable (rqrad.com), ce colloque cherche à alimenter les réflexions pour développer les recherches sur ces sujets.
L’atteinte d’objectifs environnementaux oblige des changements en profondeur dans les systèmes de production en place, lesquels ont évolué depuis des décennies en fonction d’une logique d’intensification et de spécialisation. Le secteur agricole québécois ne fait pas exception à cette règle, notamment en raison de facteurs macroéconomiques ou structuraux qui semblent favoriser certains itinéraires sociotechniques. Par ailleurs, plusieurs types de politiques publiques influencent les prises de décision à la ferme et, conséquemment, l’atteinte des cibles du PAD : réglementations et normes, aides financières et techniques, politiques de gestion des risques, lois professionnelles, etc. De façon générale, ces politiques sont étudiées individuellement; leurs effets d’ensemble et croisés sur les objectifs du PAD sont peu analysés. Finalement, les conséquences macroéconomiques de l’atteinte des objectifs du PAD sont méconnues. Une littérature principalement européenne a évalué les impacts de plans avec des objectifs semblables à ceux du PAD, mais ces exercices n’ont pas été transposés à un contexte nord-américain, et encore moins québécois.
Titre du colloque :